Le jardin exotique, qui recueille des animaux sauvages issus de trafics, déménage à Blérancourt

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Écrit par Romane Idres avec Gaëlle Fauquembergue

La réserve qui recueille des primates issus du trafic d'animaux, initialement située à Folembray, vient de déménager à Blérancourt dans un site cinq fois plus grand.

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C'est une nouvelle vie plus paisible pour les animaux sauvages issus de trafics. Le jardin exotique en accueille une centaine, principalement des petits primates, saisis par exemple chez des particuliers qui les détiennent illégalement.

C'est le cas par exemple d'un singe-écureuil, petit primate de moins d'un kilo, confié à la réserve par la Police de l'environnement. Après avoir vécu dans une maison avec plusieurs chiens, il a développé des troubles comportementaux. "Notre rôle, c'est de les resociabiliser, de faire vivre les individus avec les autres et refaire des groupes sociaux pour ensuite les présenter au public et faire de la sensibilisation à la préservation des espèces", explique le directeur Laury Venant.

Un nouveau parc cinq fois plus grand

Et leur nouveau lieu de vie devrait les y aider encore mieux : depuis quelques semaines, la réserve exotique, initialement située à Folembray, a déménagé sur un site cinq fois plus grand, à Blérancourt.

"Aujourd'hui, on est sur presque un hectare et demi. Le site de Folembray devenait vraiment trop petit, on n'avait plus assez de place pour héberger de nouveaux groupes d'animaux, donc on a fait le choix de délocaliser parce que sur place, il n'y avait pas de possibilité d'agrandissement."

Les animaux semblent se plaire à leur nouvel environnement :

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Le jardin exotique de Blérancourt, refuge pour les animaux sauvages issus de trafics ©Clément Jean-Pierre / FTV

De quoi ravir également les visiteurs qui déambulent dans les allées du nouveau parc. Laury Venant y a installé des enclos d'immersion : les visiteurs peuvent entrer dans la cage, au plus près des animaux... Sous certaines conditions. "On veut désensibiliser, désimprégner les lémuriens, donc les gens ne peuvent pas les caresser spontanément. on les laisse venir sur les gens mais on ne favorise pas le contact avec l'animal, parce que l'idée derrière, c'est de pouvoir un jour les réintroduire dans leur milieu naturel", précise-t-il.

Sensibiliser à la préservation des espèces

Le but de ces enclos est surtout de sensibiliser le public, dès le plus jeune âge, à la préservation des espèces menacées. "Ces lémuriens sont un peu les ambassadeurs de leurs cousins qui sont à Madagascar. Le rôle des soigneurs animaliers et des jeunes en mission de service civique, c'est de faire beaucoup de prévention sur les menaces qui pèsent sur eux, comme la déforestation."

Cette sensibilisation est essentielle pour Laury Venant, ce passionné de primates qui a créé le jardin exotique. À l'origine, il accueillait les animaux saisis dans son jardin. Dix ans plus tard, il leur a créé cet espace bien plus adapté. Infirmier de profession, il espère pouvoir à terme quitter son emploi définitivement pour pouvoir se consacrer entièrement à la protection de ces animaux. "Au début, je ne pensais vraiment pas faire ça de ma vie, confie-t-il. Mais la passion a pris le dessus et maintenant c'est une satisfaction. Quand je vois les gens venir ici et prendre du plaisir... C'est aussi un grand plaisir pour moi."

Aujourd'hui le parc, ouvert tous les jours pendant les vacances scolaires, accueille en moyenne 200 personnes par jour.