"Maintenant, on repart à zéro" : un bilan difficile pour les viticulteurs de l'Aisne, touchés par les orages

Épisode de grêle et de pluie diluvienne ce dimanche 12 mai 2024 en fin d'après-midi dans le sud de l'Aisne. De nombreux viticulteurs ont dû faire face à une importante coulée de boue et les dégâts dans les vignes sont importants.

Les orages auront eu raison des vignes de l’Aisne. Ce 12 mai 2024, le département était en vigilance jaune pour le risque d’orages.

Des coulées de boue ont été signalées dans le sud du département et les vignobles de champagne du territoire n’ont pas été épargnés, à l’image du domaine de Stéphane Faÿ, à Barzy-sur-Marne, à quelques kilomètres de Château-Thierry. L'heure est au bilan.

"Il n'y a plus grand-chose à sauver "

Et ce viticulteur est déconcerté. Sur une dizaine d'hectares de son domaine, il estime que près de 90 % de ses vignes sont touchées par les intempéries de ce long week-end du mois de mai. "On ne pourra pas les sauver", s'attriste-t-il.

La remise en état de ses ceps s'annonce compliquée à cause des nombreuses coulées de boue qui rendent l'accès aux vignes presque impossible. Mais pour Stéphane Faÿ, cette remise en état serait une perte de temps. "Il n'y a plus grand-chose à sauver dans notre secteur" déplore-t-il.

Le professionnel perd deux années de travail. "Maintenant, on repart à zéro. À cette période de l'année, c'est trop tard pour développer de nouveaux bourgeons. On va traiter tout de même contre le mildiou, mais la récolte reste compromise", explique Stéphane Faÿ.

Du jamais vu pour ces professionnels

Même constat à quelques kilomètres, à Passy-sur-Marne. Romain Mercier n'a pas pu faire face à ce flot soudain. Ce viticulteur voit s'envoler 80 % de sa récolte. 

"Plus de 400 hectolitres d'eau se sont écoulés dans la cave", estime le viticulteur et le tout en à peine une heure et demie. Heureusement pour sa production, les bouteilles, surélevées sur des palettes, ont été épargnées. 

D'après un premier bilan, près de 500 hectares de vigne sont perdus dans la vallée. Du jamais-vu pour Alain Navarre, maire de Passy-sur-Marne, lui-même vigneron. Il constate que :

On a déjà eu de la grêle. Mais c'était ciblé sur quelques parcelles et non sur 500 hectares. C'est une catastrophe

Alain Navarre, maire de Passy-sur-Marne

Si la récolte devrait être minimaliste cette année, celle de 2025 semble, elle aussi, déjà compromise pour les viticulteurs axonais les plus touchés.

Avec Anthony Halpern / FTV