"Martyre de l'A10" : une expertise discrédite la version de la mère interpellée en 2018 chez elle à Villers-Cotterêts

Selon une information révélée par Le Parisien, les explications apportées par la mère d'Inass sur les blessures constatées sur son corps sont remises en cause par une nouvelle expertise versée au dossier fin août. La fillette avait été retrouvée morte le 11 août 1987 au bord de l'A10 près de Blois.

Selon nos confrères du Parisien, les deux professeurs en médecine de Tours et Toulouse mandatés par la Justice "jugent que les déclarations [de la mère d'Inass] ne permettent pas d'expliquer les lésions traumatiques constatées sur le corps de l'enfant, ni la survenue de son décès".

Le 11 août 1987, le corps emmailloté d'une fillette était retrouvé par deux employés de l'autoroute le long de l'A10 près de Blois dans le Loir-et-Cher. L'autopsie a révélé des blessures graves, témoignages de terribles sévices : os fracturé, téton arraché avec les dents, brûlures au fer à repasser.

Identifiée trente ans après sa mort

Celle qui est restée connue pendant plus de trente ans comme la "petite martyre de l'A10" a finalement été identifiée fin 2017 grâce à un prélèvement ADN fait sur l'un de ses frères pour une autre affaire : elle s'appelait Inass, avait quatre ans et habitait avec sa famille à Puteaux (Hauts-de-Seine).

Quelques mois plus tard, Ahmed T. et Halima E. ont été mis en examen et placés en détention provisoire. La mère d'Inass vivait encore avec certains de ses enfants à Villers-Cotterêts dans l'Aisne, où la famille s'était installée dans les années 1990. Le père était retourné vivre à Puteaux après leur divorce en 2010.

Les parents s'accusent mutuellement

Depuis trois ans, les parents d'Inass se rejetent la responsabilité de la mort de la petite fille. Durant sa garde à vue en juin 2018, Ahmed T. avait déclaré que sa femme était violente avec lui et ses trois filles. 

"Il dit avoir vécu un enfer, rapportait à l'époque le procureur de Blois. Il vivait sous sa domination. Un jour d'août 1987, il a découvert en rentrant chez lui le corps d'Inass inanimé". Une version contestée par Halima E.

En juin 2019, le père d'Inass a obtenu une remise en liberté sous contrôle judiciaire. La mère n'a été libérée qu'en juin 2020 et assignée à résidence sous bracelet électronique.

Poursuivis pour meurtre, recel de cadavre et violences habituelles sur mineure de 15 ans, ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité. 

 

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