Procès des trois policiers après la mort d'Amadou Koumé : le jugement sera rendu le 20 septembre

Trois policiers comparaissaient depuis lundi 27 juin devant la 10e chambre correctionnelle de Paris pour homicide involontaire après la mort d'Amadou Koumé originaire de Saint-Quentin lors d'une interpellation en 2015. La décision a été mise en délibéré au 20 septembre.

Depuis lundi 27 juin, trois policiers comparaissaient devant la 10e chambre correctionnelle de Paris pour homicide involontaire après la mort d'Amadou Koumé en mars 2015.

Ce Saint-Quentinois avait été interpellé par un équipage de la BAC dans le 10e arrondissement de Paris. Son décès avait été constaté au commissariat. Selon l'autopsie, sa mort résultait d'un œdème pulmonaire causé par une asphyxie lente.

Les 3 policiers encourent 3 ans de prison

Que s'est il donc passé ce 5 mars 2015 ? Pour Jessica Lefèvre, qui assiste au procès, lundi 4 juillet, en tant que partie civile, le temps des questions semble révolu. "J'attends que soit prononcée la peine maximale", affirme celle qui était la compagne d'Amadou Koumé.

Désormais installée dans le sud de la France, Jessica habitait encore Saint-Quentin au moment des faits. Elle dit vouloir obtenir justice pour elle et son fils. Sur le banc des prévenus, comparaissent les trois policiers : un major, un brigadier et un gardien de la paix. Ils doivent répondre des conditions dans lesquelles ils ont interpellé et maintenu à terre Amadou Koumé dans un bar proche de la gare du Nord. Ils comparaissent pour homicide involontaire et risquent 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Jessica Lefevre a pu visionner les images prises par la caméra de surveillance de l'établissement où s'est déroulée l'arrestation d'Amadou Koumé le soir du 5 mars 2015. Pour elle, celles-ci ne laissent aucune place au doute. "Pendant 6 minutes il a été maintenu au sol face contre terre, quand il ressort du bar pour moi il est déjà mort."

Je voulais la vérité et je l'ai eue

Jessica Lefevre

Compagne d'Amadou Koumé

Les policiers sont poursuivis notamment pour une clé d'étranglement mal maîtrisée et un usage disproportionné de la force alors que le Saint-Quentinois "ne représentait plus de menaces."

Les prévenus ont évoqué, devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, une interpellation particulièrement difficile en raison de la corpulence et de la taille (1,90 m) de la victime. Les policiers avaient été appelés sur place par le personnel du bar inquiet des propos incohérents tenus par Amadou Koumé juste avant le drame. Jessica Lefevre indique que son compagnon souffrait de crises d'angoisse depuis une précédente incarcération. 

Un an de prison avec sursis requis

Lundi 4 juillet dans la soirée, le parquet a requis un an de prison avec sursis à l'encontre des trois policiers. Pour la procureure, l'usage de la force a été ce soir-là "nécessaire" et "proportionné": Amadou Koumé n'est "pas violent", mais "imprévisible", il "résiste", a-t-elle soutenu.

"Ce qui peut être reproché (aux trois policiers) est cette faute pénale unique: la négligence coupable, consistant à avoir laissé Amadou Koumé en décubitus ventral, menotté, sans qu'on s'enquière de son état et malgré la force mobilisée pour l'interpeller", a-t-elle affirmé. "Personne ne s'est préoccupé de (son) état de santé", alors que sa "détresse respiratoire" a duré "plusieurs minutes", a insisté la procureure.

"Je sais que cette réponse judiciaire n'est pas satisfaisante à l'endroit des victimes, mais je sais qu'elles sont surtout en quête de vérité", a-t-elle conclu, alors que certains membres du public quittaient la salle en signe de protestation.

Les avocats de la défense ont plaidé pour la relaxe des trois policiers. La décision a été mise en délibéré au 20 septembre.

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