Coronavirus : une entreprise de Saint-Quentin développe un masque en papier réutilisable et personnalisable

Une agence de communication basée à Saint-Quentin, dans l’Aisne, a développé un masque en papier. Bien que son efficacité n'ait pas été démontrée, ce masque recyclable pourra être personnalisé par les entreprises pour servir de support publicitaire. 
Le masque en papier cartonné ne contient ni élastique ni couture.
Le masque en papier cartonné ne contient ni élastique ni couture. © Smartson
Fini les stylos, les clés USB et les porte-clés offerts par les entreprises. En 2020, les goodies pourraient se décliner sous forme de masques personnalisables. C’est en tout cas le pari lancé par l’agence de communication Smartson, basée à Saint-Quentin.
 
"Depuis quelques semaines, je constate que des imprimeurs commencent à imprimer des masques en tissus personnalisables pour les entreprises mais les prestataires sont débordés et les délais de fabrication se rallongent" explique Antoine Hugues, fondateur de l’agence.

Dès le 11 mai, beaucoup d’entreprises devront en effet fournir des masques de protection à leurs salariés. Un nouveau poste de dépense que l’agence de communication souhaite amoindrir : "Un masque en tissu réutilisable et personnalisé peut coûter environ 5 euros. Comme il est en papier cartonné, le nôtre coûtera trois fois moins cher".
 

Le masque est-il efficace ? 

Développé en une semaine, le masque Smarston ne contient aucune couture ni élastique. Il s’agit d’un support cartonné qui se déplie, avec des branches qui se glissent derrière les oreilles comme des lunettes. En revanche, comme beaucoup de masques alternatifs, il n'est pas homologué. 

L’Association Française de Normalisation (AFNOR) a mis à disposition un ensemble de tutoriels et de patrons pour aider les entreprises et les particuliers à concevoir des masques artisanaux. Le guide a été conçu par 150 experts, qui ont testé plusieurs matériaux et modes de fabrication. Ces derniers ont retenu le tissu comme matériau à privilégier et non le carton ou le papier. "Nous pensons que certains masques sont mieux que d’autres. Le masque en tissu est la meilleure alternative et la plus accessible aux particuliers, précise Olivier Gibert, porte-parole de l'AFNOR. Nous délivrons simplement un message de précaution. Notre rôle n'est pas de dire qu'un masque en carton est dangereux, car nous ne l'avons pas testé. Après c'est au consommateur de faire ses choix". 

D'autre part, le masque Smartson n'est pas plaqué sous le menton, comme le recommande l'AFNOR dans son guide, et ne retient donc pas toutes les goutellettes en cas d'éternuement. L'agence de communication reconnaît que le "masque n'a pas vocation à être utilisé en milieu médical" et assume pleinement la commercialisation de cet objet sous la forme d'un produit dérivé. 
 

Un nouveau support publicitaire ?

Ce masque en papier a pour vocation de protéger un minumum ceux qui le portent, certes, mais aussi de les inciter à diffuser l’image de marque de l'acheteur. "Si on peut joindre l’utile au commercial, c’est doublement intéressant" reconnaît Antoine Hugues. Ainsi, les masques cartonnés pourront être personnalisés avec la marque, le logo ou le slogan de l’acheteur avant d’être offerts aux salariés ou aux clients.  
 
Le masque peut servir du support publicitaire et être personnalisé.
Le masque peut servir du support publicitaire et être personnalisé. © Smartson


Utiliser des masques de protection pour faire de la publicité, est-ce tirer profit de la crise sanitaire ? "Notre objectif, c’est de répondre à un besoin de reprise commerciale des clients, se défend le communicant. En ce moment, toutes les entreprises de signalétiques développent des visières en plexiglass ou des autocollants pour flécher les déplacements au sol. Il y a un besoin et mon métier, c’est de trouver des outils pour assurer la visibilité de mes clients".

Smartson assure être la première entreprise à avoir développé un masque en papier, sans couture ni élastique. En cours de finalisation, le prototype sera produit en grande quantité par des imprimeurs des Hauts-de-France. Sa mise sur le marché est prévue dès le 11 mai.

 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société économie