Au championnat de France de para lutte adaptée, ces jeunes se dépassent et réalisent "un rêve"

Ils sont venus de toute la France pour participer au championnat de France de para lutte adaptée organisé à Soissons (Aisne) samedi 18 mai. 210 combattants, tous atteints d'un trouble du spectre autistique, de trisomie ou d'une déficience intellectuelle, se sont affrontés lors de cette compétition conviviale, consécration de longs mois d'entraînements.

"C'était bien, je suis fort !", s'exclame Teddy, ravi d'avoir gagné son premier combat de la journée. Ce jeune para lutteur fait partie du club de lutte de Belleu/Soissons catégorie sport adapté. Ce samedi 18 mai 2024, pour la deuxième fois de son histoire, le club axonais a organisé le championnat de France de para lutte adaptée, à Soissons.  

La compétition a réuni 210 sportifs venus de toute la France, âgés de 13 à 60 ans, et atteints d'un trouble du spectre autistique, de trisomie ou d'une déficience intellectuelle. "Ce que j'aime dans la lutte, ce sont déjà les maîtrises, tout ce qui est force, il y a de tout. Quand j'affronte mes adversaires, ça me motive plus", observe Noé, jeune compétiteur de 22 ans. Pour lui, le championnat de France "est un rêve qu'[il est] en train de réaliser". 

"Ça m'aide à me sociabiliser et ça me défoule"

Une telle compétition représente pour ces combattants et ces combattantes "une fierté", souligne Sandrine Chevreau, président du comité départemental Sport adapté Aisne. "Quand ils font leur combat, on a vraiment l'impression qu'ils jouent le match de l'année. C'est très important pour eux, car la compétition marque la fin de la saison sportive", appuie-t-elle. 

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Teddy, jeune para lutteur du club de lutte de Belleu/Soissons remporte son combat lors du championnat de France de para lutte adaptée, samedi 18 mai 2024. ©FTV

Peggy, la mère de Teddy, observe les bénéfices de ce sport sur son fils au quotidien. "Ça lui apporte de la joie, de l'épanouissement, du bonheur, de la dépendance. Et ça lui permet de se libérer de son corps", remarque-t-elle. "Ça m'aide à me sociabiliser et ça me défoule en fait, ça me permet de libérer de l'énergie", observe un jeune para lutteur qui vient de remporter son combat. 

Pour Steve Stramandino, responsable du club de lutte de Belleu-Soissons, la lutte "apporte énormément de choses au niveau humain" et permet aux jeunes de se dépasser. "Le corps à corps, le toucher, pour certains, ça peut être très compliqué. Aller chercher, faire tomber son adversaire et le plaquer au sol… s'ils arrivent à faire ça, on a tout gagné." Car le but pour le coach est que les para lutteurs "puissent acquérir un minimum d'autonomie sur le sport adapté".

16 médailles pour le club de Belleu/Soissons

Samedi, les jeunes para lutteurs du club de Belleu/Soissons, âgés de 13 à 19 ans, ont terminé 5e sur 12 du classement général. En tout, les 17 para lutteurs ont raflé 16 médailles. Ceux de l'IME de Belleu ont remporté 5 médailles d'or, 2 médailles d'argent et 2 de bronze tandis que ceux de l'IME de Fère-en-Tardenois sont repartis avec 3 médailles d'or, 2 médailles d'argent, et 2 de bronze. 

"C'est une très belle performance de nos lutteurs et de nos lutteuses. C'est la récompense ! Je suis très content, car c'est un projet qu'on monte depuis septembre", se réjouit dimanche Steve Stramandino, qui coache les sportifs avec Frédéric Matczik.

Si la compétition s'arrête ici pour ces jeunes para lutteurs, ils pourront continuer à rêver, cet été, avec les épreuves de lutte aux jeux paralympiques de Paris 2024 qui auront lieu du 28 août au 8 septembre. 

Avec Paul Thiry / FTV

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