• MÉTÉO
  • VOS RENDEZ-VOUS
  • SPORT
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS
  • POLITIQUE

Les bâtisseurs du site de Stonehenge en Angleterre étaient originaires de Turquie selon une récente étude

Le site de Stonehenge en Angleterre, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. / © MaxPPP
Le site de Stonehenge en Angleterre, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. / © MaxPPP

Une étude publiée lundi par la revue Nature, Ecology & Evolution révèle que les bâtisseurs du célèbre site mégalithique de Stonehenge, dans le sud de l'Angleterre, étaient issus d'un groupe de fermiers ayant migré d'Anatolie, dans l'actuelle Turquie, au Néolithique.

Par YF

Cette étude, citée par la BBC, s'appuie sur l'analyse d'échantillons ADN extraits des restes de 73 individus retrouvés en Grande-Bretagne ayant vécu entre 8500 et 2500 avant Jesus-Christ.

6 d'entre eux - les plus anciens - présentaient des similitudes avec les groupes de chasseurs-cueilleurs qui peuplaient l'Europe de l'Ouest.

Mais les 67 autres présentaient des caractéristiques génétiques complètement différentes : leurs gènes les rapprochent des fermiers qui vivaient sur les rives de la mer Egée, en Anatolie (actuelle Turquie) et qui ont traversé ensuite la Méditerranée pour s'installer dans la péninsule ibérique (Portugal et Espagne), avant de remonter vers le nord, en France et en Grande-Bretagne.
 

Agriculture et mégalithes


Ces groupes de fermiers, originaire d'Anatolie, seraient arrivés par le sud-ouest de l'Angleterre et le Pays de Galles vers 4000 avant Jesus-Christ. Selon l'étude publiée par Nature, Ecology & Evolution, les analyses ADN montrent qu'ils se seraient très peu mêlés aux groupes de chasseurs-cueilleurs déjà présents dans l'île.

Ces derniers se seraient en effet raréfiés au fil des siècles, un ultime groupe subsistant vers l'ouest de l'Ecosse à la fin du Néolithique. "Nous ne trouvons pas de preuve décelable que ces fermiers du Néolithique aient eu, après leur arrivée, des ancêtres parmi les chasseurs-cueilleurs locaux britanniques", explique à la BBC le docteur Tom Booth, spécialiste de l'ADN ancien au Museum d'Histoire naturelle de Londres et co-auteur de l'étude. "Ça ne signifie pas qu'ils ne se sont pas du tout mélangés, ça signifie, peut-être, que leur population était trop petite pour laisser le moindre héritage génétique".
 
Le site de Stonehenge, dans le comté du Wiltshire. / © LEON NEAL / AFP
Le site de Stonehenge, dans le comté du Wiltshire. / © LEON NEAL / AFP

Les nouveaux habitants, venus d'Anatolie, ont introduit l'agriculture en Grande-Bretagne. Ce sont eux aussi qui ont érigé des mégalithes, notamment ceux du célèbre site de Stonehenge, dans le sud de l'Angleterre, aujourd'hui classé au patrimoine mondiale de l'UNESCO. 
 

Plusieurs vagues migratoires

 
Parmi les squelettes de chasseurs-cueilleurs étudiés, on retrouve celui de "Cheddar Man" qui daterait de 7100 avant Jesus-Christ. Une précédente étude a montré qu'il avait une peau sombre et des yeux bleus.
 
"Cheddar Man" était l'un de ces chasseurs-cueilleurs, primo-habitant de la Grande-Bretagne. / © Justin TALLIS / AFP
"Cheddar Man" était l'un de ces chasseurs-cueilleurs, primo-habitant de la Grande-Bretagne. / © Justin TALLIS / AFP

Les fermiers originaires d'Anatolie, eux, avaient une peau un peu plus pâle, des yeux et des cheveux noirs ou bruns. Pour se faire une idée de leur apparence physique, le Royal Pavillion & Museum de Brighton a récemment reconstitué le visage de la "Whitehawk Woman", dont le squelette - vieux de 5600 ans - a été retrouvé dans le sud-ouest de l'Angleterre.
 

A la fin du Néolithique, vers 2450 avant Jesus-Christ, ces nouveaux habitants ont subi à leur tour le même sort que leurs prédécesseurs. Ils ont été remplacés par un nouvelle population de culture campaniforme, originaire d'Europe continentale.  
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Amiens : grève des guichetiers SNCF

Les + Lus