Belgique : la loi sur l'avortement fait flancher les accords de coalition pour un nouveau gouvernement

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Écrit par Marianne Chenou
Le nationaliste flamand Bart de Wever ne souhaite pas participer à un gouvernement libéral en cas de soutien à la loi sur l'avortement.
Le nationaliste flamand Bart de Wever ne souhaite pas participer à un gouvernement libéral en cas de soutien à la loi sur l'avortement. © STEPHANIE LECOCQ/EPA/Newscom/MaxPPP

Une proposition de loi portée par la gauche et le centre belge envisage de faire passer de 12 à 18 semaines le délai légal pour l'avortement en Belgique. Une position qui ne plait pas du tout au leader de la droite flamande Bart de Wever. 

"Je trouve cette loi scandaleuse." Le maire d'Anvers et député belge Bart de Wever, président du parti nationaliste flamand N-VA, a assuré le 11 juillet dans une interview à la chaîne VRT que la modification de la loi belge sur l'avortement constituait un point de rupture dans le processus de formation d'un nouveau gouvernement fédéral.

Un position qui s'incrit dans celle du CD&V, le parti chrétien démocrate flamand, qui s'était déjà prononcé contre la mesure. 

Un allongement du délai de 12 à 18 semaines

La nouvelle version du texte est portée par les libéraux, les socialistes, les verts et le Parti du Travail de Belgique. Elle modifie considérablement la loi de 1990 sur l'avortement, première en la matière outre-Quiévrain. 

Le délai pour réaliser une interruption volontaire de grossesse passe de 12 à 18 semaines de grossesse et le délai de réflexion est réduit à 48 heures, contre 6 jours actuellement.
Dépénalisation de l'IVG : le texte à la demande du CDV du CDH de la N-VA et du Vlaams Belang est à nouveau renvoyé au Conseil d'État ©RTBF
Mais pour les opposants au texte, hors de question de laisser passer cette loi. Un vote la semaine passée était prévu, mais il a été retardé après la demande de trois partis politiques d'un nouvel examen devant le Conseil d'État belge. L'institution a rendu son avis le 10 juillet, ce qui permet la reprise des débats en séance devant la Chambre des députés. 

Une mesure clé dans les négociations de formation d'un gouvernement

Or, les libéraux, favorables au texte, compte fortement sur l'appui de la N-VA et des chrétiens-démocrates francophones pour constituer un gouvernement de coalition. Pour Bart de Wever, c'est un point de non-retour dans les discussions. 

"Je peux vous dire que si des partis donnent le feu vert à une loi que je trouve scandaleuse, ce sera compliqué de faire comme si de rien n'était avec eux le lendemain", a-t-il déclaré, alors qu'il célébrait le 11 juillet la fête de la communauté flamande, rapporte l'agence Belga.

"C'est en fait impossible, ça ne fonctionnera pas. Si ces partis se trouvent si formidables et pensent qu’ils peuvent sur cette base former un gouvernement avec les socialistes, les communistes et les verts, ils n'ont qu'à le faire. Ce sera un gouvernement avec zéro soutien en Flandre."

Les libéraux rappellent la liberté des parlementaires sur les questions éthiques

Georges-Louis Bouchez, chef de file du Mouvement réformateur (MR), parti libéral, a rappelé à Bart de Wever un des principes phares de son parti : sur les questions éthiques, chaque parlementaire est libre de voter ou non une mesure. 

"Je pense qu’il faut garder la tête froide, continuer à avancer. Il y a une bonne dynamique qui se met en place dans le cadre de la formation d’un nouveau gouvernement. Il est temps, vous allez me dire, et donc il ne faut pas se laisser trop impressionner par de telles phrases", a commenté le président du MR dans une interview à la RTBF.
Les libéraux du MR réagissent aux propos de Bart de Wever ©RTBF

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