Belgique : trois femmes jihadistes du groupe Etat islamique et six enfants rapatriés de Turquie

Trois femmes jihadistes belges, veuves d'anciens combattants du groupe Etat islamique en Syrie, et six de leurs enfants ont été rapatriés mercredi en Belgique depuis la Turquie où elles avaient fui, a indiqué le parquet fédéral belge.
 

Des femmes du groupe Etat islamique détenues en Syrie (novembre 2019).
Des femmes du groupe Etat islamique détenues en Syrie (novembre 2019). © ZUMA PRESS/MAXPPP
Pour deux de ces femmes, Tatiana Wielandt, 27 ans, et Bouchra Abouallal, 26 ans, qui avaient assigné l'Etat belge en justice pour obtenir leur rapatriement de Syrie, en vain, ce retour marque la fin d'un long feuilleton à rebondissements.

Mariés à des membres de Sharia4Belgium, groupe jihadiste anversois aujourd'hui dissout, elles étaient parties avec eux en 2013 pour combattre en Syrie, avant de revenir en Belgique en 2014 puis de repartir l'année suivante en zone de guerre avec leurs enfants.

Devenues veuves, et contraintes de quitter les derniers bastions de l'EI, elles avaient fui fin 2019 un camp du nord syrien sous contrôle kurde, où elles étaient retenues avec les enfants (six au total à elles deux), et avaient rejoint la Turquie.

Incarcérées à leur arrivée

Mercredi, elles ont finalement été expulsées de Turquie avec une autre combattante belge de l'EI ayant fui la Syrie, Nadia Baghouri, 28 ans. L'avion qui les transportait a atterri à la mi-journée à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem et "les trois femmes ont été incarcérées", a dit Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral.

Toutes trois sont sous le coup d'une condamnation prononcée par défaut par la justice belge, pour participation aux activités d'un groupe terroriste. Pour Mmes Wielandt et Abouallal, la condamnation à cinq ans de prison - confirmée en appel à Anvers en 2019 - est définitive, tandis que Mme Baghouri, condamnée à 40 mois ferme en première instance fin 2019 à Bruxelles, pourrait être rejugée prochainement en appel, selon le parquet fédéral.

Quant aux six enfants revenus avec elles, quatre sont de Mme Baghouri et les deux autres sont les plus jeunes enfants de Tatiana Wielandt et Bouchra Abouallal, selon les médias belges. Ils devaient être présentés à un juge de la jeunesse après un contrôle de leur état de santé à l'hôpital dès leur arrivée.

En janvier, quatre des six enfants de Mmes Wielandt et Abouallal, âgés de 5 à 8 ans, avaient déjà pu être rapatriés par la Belgique au terme d'une coopération avec la Turquie. Le principe défendu depuis 2017 par le gouvernement belge de "faciliter" le rapatriement de Syrie des enfants de moins de dix ans - dont la filiation belge a été prouvée - a été très peu mis en pratique. Le gouvernement a régulièrement mis en avant l'absence de relais consulaires en zone irako-syrienne pour justifier son impuissance. Ce qui n'est pas le cas en Turquie.

Il reste une quarantaine d'enfants belges en Syrie, selon le délégué général aux droits de l'enfant Bernard De Vos.
 
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