À Bresles dans l'Oise, le père d'un enfant atteint de leucémie soupçonne un lien avec la possible pollution des sols

En 2017, Laurent Lalo, habitant de Bresles dans l'Oise, apprend que son fils est atteint d'une leucémie. Il découvre ensuite que plusieurs voisins ont aussi un cancer du sang. Le père de famille pense avoir identifié une pollution des sols, qui pourrait être en cause selon lui.

Laurent Lalo cherche à comprendre si la pollution peut expliquer la maladie de son fils.
Laurent Lalo cherche à comprendre si la pollution peut expliquer la maladie de son fils. © FTV / Nagib Ben Ghezala
En 2017, Melvil, cinq ans, se plaint à ses parents de douleurs et de maux de têtes de plus en plus récurrents. "On se dit qu'il y a quelque chose, on demande une prise de sang, mais on pensait que ce ne serait pas si grave, se souvient son père, Laurent Lalo. Mais on nous annonce une leucémie. Et là, le monde s'écroule."

Une annonce qui bouleverse le quotidien de cette famille de Bresles dans l'Oise.
 
"On est pris par la maladie. On est happés, on n'a pas le temps de se poser la question de savoir pourquoi", explique Laurent. Mais lorsque le père de famille apprend que l'un de ses voisins est, lui aussi, atteint d'une leucémie, il est surpris par cette coïncidence. "Ça m’a un peu interloqué parce que c’était dans la même rue, raconte-t-il. Et en discutant avec le pharmacien, on s’aperçoit que dans notre secteur à Bresles, en trois ans, il y a deux enfants et quatre adultes qui ont été atteints d'un cancer du sang".

Des interrogations qui restent en suspens

Laurent étudie les pollutions du passé. Près de chez lui, il y avait notamment une sucrerie et une fonderie. Le père de famille se demande si ces anciennes activités industrielles n'auraient pas pollué durablement les sols et les nappes phréatiques de la zone. Recensant tous ces facteurs seul, il remet un dossier à l'agence régionale de santé (ARS) il y a un an.

Contactée par notre rédaction, l'ARS rejette, par voie de communiqué, l'idée d'un facteur environnemental dans la survenue de ces cancers: "Sur le département de l’Oise, il n’y a pas de lien établi à ce jour entre des hémopathies malignes et des zones où des métaux lourds ont été détectés dans les sols".

Un signalement en cours d'investigation

L'ARS souligne que sur le plan médical, concernant les leucémies relevées sur la commune de Bresles, "il s'agit de deux pathologies distinctes (LAL et LAM), qui n’ont pas les mêmes mécanismes physiopathologiques [la manière dont se développe la maladie]. Il ne s’agit donc pas de cas groupés d’une même pathologie et doivent donc être appréhendées séparément. Concernant l’aspect environnemental, l’ARS n’a pas identifié de sites présentant des problématiques environnementales aux alentours de cette commune. Aucun élément ne permet ainsi à ce stade de confirmer ou infirmer localement un lien entre ces maladies et des causes environnementales."

Une position partagée par le maire de Bresles. Pour Dominique Cordier, médecin de profession, il n'y a pas de lien avéré. "Ça fait 37 ans que je suis médecin sur la commune. J’ai malheureusement soigné et vu beaucoup de types de cancers et je n’ai pas vu de prévalence d’un type de cancer," raconte-t-il. Il comprend cependant les inquiétudes des habitants. "Là où il y a des industries, il y a forcément du danger. [...] Et c’est tout à fait normal que la population ait des craintes par rapport aux risques".

Aujourd'hui, Melvil est en voie de guérison. L'ARS mène néanmoins "des investigations" concernant le signalement de Laurent Lalo et a prévu de rencontrer le père de Melvil mi-décembre pour évoquer le sujet. 
 
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