"C’est l’héroïne des années 2020" : comment le LOSC et le RC Lens lutte contre l'addiction des joueurs aux écrans

Les clubs de Ligue 1 prennent au sérieux l'addiction au téléphone portable de leurs joueurs. A Lille et Lens, les entraîneurs ont commencé à prendre des mesures.

Séance photos à la sortie d'un entraînement du LOSC en avril 2019
Séance photos à la sortie d'un entraînement du LOSC en avril 2019 © F.GILTAY
Ce jeudi, c'était la journée mondiale sans téléphone. Des journalistes en ont profité pour poser une question à ce sujet à Christophe Galtier, entraîneur du LOSC, lors de la conférence de presse d'avant-match.

Son constat est très sévère : « On est dans une génération, et dans une société, où il y a une addiction terrible aux écrans, aux réseaux sociaux et aux applications. C’est l’héroïne des années 2020. Je lis beaucoup, j’échange beaucoup, et je suis convaincu qu’il y a une addiction à ces écrans, qui peuvent fatiguer ou générer des problèmes dans la concentration et dans la préparation des matches. »
 
Conférence de presse de Christophe Galtier (6 février 2020)

L’entraîneur du LOSC a révélé qu'après avoir échangé avec les joueurs et son staff, il a pris, il y a peu de temps, une décision pour limiter (un peu) l'utilisation des téléphones portables : "À une heure du coup d’envoi, il n’y (a) plus de téléphones et plus d’écrans (dans les vestiaires) , c’est-à-dire environ 25 minutes avant de sortir à l’échauffement."

Une mesure qui, selon Christophe Galtier, sera suivie par d'autres : "Je suis quasiment sûr et persuadé qu’il va y avoir une évolution plus importante dans les saisons à venir, pour qu’à partir du moment où il y a accès aux vestiaires, il n’y a plus accès aux écrans."
 

Et au RC Lens ?


Il n'y a pas qu'au LOSC que le problème des écrans est pris au sérieux. Au RC Lens, Philippe Montanier se montre plus radical. Chaque matin, deux jeunes  joueurs récupèrent tous les téléphones dans le vestiaire et les rendent après la séance du jour : "Je rentrais dans le vestiaire, j’arrivais dans une pièce où chacun était avec son portable, explique l'entraîneur lensois à RMC. J’avais vingt joueurs qui ne se parlaient pas et qui étaient obnubilés par leur écran, soit pour jouer à un jeu vidéo, soit pour en voyer un message à la fiancée et aux parents. (...) Après, chez eux, ils font ce qu’ils veulent. Mais au moins, quand on vient à l’entraînement, on travaille."

Et les résultats sont positifs : "Il y a plus d’échanges avec les joueurs lorsqu’ils n’ont pas le portable. On essaye, nous, le staff, de se l’appliquer aussi, parce qu’on est tous de plus en plus dépendants du numérique. On s’aperçoit qu’au début, ça grince un peu des dents, on n’est pas des enfants. Puis une fois qu’on insiste un peu, cela devient naturel." Des propos confirmés par l'attaquant Tony Mauricio : "C'est vraiment intéressant de réussir à se déconnecter, pour avoir une vie de groupe".
 

Et les casques...


Le phénomène touche le football dans le monde entier. Et les exemples ou contre-exemples se multiplient par exemple en Ligue 1. A Toulouse, en décembre, un joueur été lourdement sanctionné à cause de son addiction au téléphone portable. Il avait surpris en train de regarder un match sur son smartphone depuis le banc de touche pendant Lyon-TFC.
 
Il y a quelques jours, Neymar, joueur du PSG, avait reconnu qu'il était au courant de la mort de Kobe Bryant parce qu'il avat consulté son téléphone portable à la mi-temps du match face au LOSC. "Un entraîneur qui interdit les portables pendant son briefing tactique, c’est comme un manager de la Défense qui demande à ses cadres de les mettre en mode avion le temps d’une réunion, explique au Parisien Dominique Boullier, professeur de Sciences-Po Paris et spécialiste du numérique. Comme dans une entreprise, un club de football se doit de manager l’attention de ses employés."

On peut élargir la question aux casques audio. De nombreux joueurs de Ligue 1 l'ont constamment ou presque sur les oreilles avant et après les matchs. Il y a quelques jours, la vidéo d'un enfant handicapé du Portel a fait le buzz. On y voit le jeune Tom au Parc des Princes.

Les joueurs du PSG lui signent un autographe. Mais tous ou presque (sauf M'Bappé et Cavani) ont sur les oreilles, leur casque ou leurs oreillettes. Ils sont très peu à adresser un petit mot au jeune fan comme le montre la vidéo ci-dessous.
 



 
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