Calais : le dentellier Desseilles menacé après une décision du tribunal administratif

Les 74 salariés du dentellier Desseilles à Calais pourraient bientôt perdre leur emploi. En cause : une décision du tribunal administratif de Lille qui oblige l'entreprise à annuler le licenciement de quatre anciens syndicalistes, salariés protégés, et ordonne leur réintégration.

Cette décision coûterait à l'entreprise près d'un million d'euros. Problème : elle n'a pas les moyens de payer. "Ça fait très mal, parce qu'on a un patrimoine, on a des belles commandes, on a un carnet de commandes qui se remplit très bien, et puis là, on va mourir par le travail, pour une décision injuste ", se désole l'actionnaire Gérard Dezoteux. 

Un actionnaire chinois s'est désisté

L'entreprise pensait pourtant être sortie d'affaire et éviter la liquidation grâce à un actionnaire chinois qui devait investir 700 000 euros. Un versement qui n'aura finalement pas lieu après la décision du tribunal administratif. Alors pour éviter la disparition de Desseilles, les salariés ont fondé un collectif. "On a bien l'intention de ne pas se laisser faire parce que ce sont nos emplois qui sont visés directement si l'entreprise ferme", explique Renato Fragoli, le président de ce collectif baptisé "Les oubliés de Desseilles". "Nos sous-traitants qui sont avec nous dans ce collectif vont être aussi impactés directement".

En comptant les sous-traitants, 150 personnes pourraient perdre leur emploi d'ici fin janvier. Aujourd'hui, actionnaires et salariés lancent un appel à Xavier Bertrand, prochain président de la région Nord-Pas-de-Calais / Picardie, pour les aider à sauver leur emploi mais aussi tout un savoir-faire.