CARTE - Rénovation urbaine : 17 nouveaux quartiers dans l'Aisne, l'Oise et la Somme

Le quartier du Clos des roses à Compiègne dans l'Oise est l'un des 14 quartiers de Picardie à bientôt bénéficier des crédits de l'Anru. / © FTV
Le quartier du Clos des roses à Compiègne dans l'Oise est l'un des 14 quartiers de Picardie à bientôt bénéficier des crédits de l'Anru. / © FTV

Depuis 2014, l’Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru) travaille au "NPNRU", un plan d’envergure qui vise à réhabiliter 450 quartiers parmi ceux qui concentrent le plus de ménages pauvres. En Picardie, 17 quartiers bénéficieront de ce programme.

Par Romane Idres

 
NPNRU. Derrière cet acronyme se cache le Nouveau programme national de renouvellement urbain, et 40 milliards d’euros d’investissement à l’échelle de la France.

Objectif : réhabiliter 450 quartiers prioritaires à travers la France qui concentrent le plus de pauvreté, qu’on appelait auparavant les zones urbaines sensibles, d’ici 2030. L’idée, c’est avant tout de réaménager les espaces de vie, en disant adieu aux barres d’immeubles construites à partir des années 60, pour laisser place aux logements individuels ou à un habitat collectif à taille humaine. Pour aller plus loin, le programme prévoit également de favoriser la mixité sociale en répartissant mieux les logements sociaux dans les villes, et de développer l’emploi en implantant des entreprises et des commerces dans ses quartiers.

Ce plan d’envergure fait suite au premier programme de rénovation urbaine, lancé en 2004 et qui s’achèvent dans les prochains mois. Près de 500 quartiers en avait bénéficié, dont 13 en Picardie (répartis sur 6 communes). Sur l’ensemble des trois départements, 1,1 milliard d’euros avaient été investis, dont plus d’un quart sur l’agglomération creilloise.

L’Anru, agence nationale de la rénovation urbaine, travaille sur les 450 projets depuis 2014. D’ici les élections municipales de 2020, la quasi-totalité des projets devraient être validés, et rapidement engagés. En Picardie, le gouvernement a désigné 17 quartiers, dont la majorité est concentrée dans l’Oise.
 
 

Dans la Somme


A Amiens, le quartier d’Étouvie, connu pour ses difficultés sociales, faisait déjà partie du premier programme. 341 millions d’euros d’investissements (répartis entre l’Anru, les collectivités locales et les bailleurs sociaux) à l’époque. Il fera à nouveau l’objet d’un projet de rénovation. Cela ne signifie pas que le travail a été mal fait, mais que le gouvernement et les collectivités locales estiment qu’il faut aller encore plus loin. Les quartiers Amiens Nord et Pierre Rollin vont eux aussi bénéficier du programme.
Le quartier du Soleil-Levant d’Abbeville, où le taux de pauvreté avoisine les 60% et où le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 26 ans a bondi de 5% en 2018, fait lui aussi son entrée dans le programme.

Dans l'Aisne


À Soissons, c’est le quartier Saint-Crépin, où plus d’un quart de la population touche des prestations sociales, qui a été désigné comme nécessitant une rénovation urbaine. Les quartiers Presles et Chevreux avaient bénéficié du précédent programme.
Le quartier Vaucrises de Château-Thierry bénéficiera également du NPNRU. Là-bas, 13% des ménages dépendent des allocations chômage comme revenu principal.
Dans le nord du département, à Saint-Quentin, les quartiers Europe et Vermandois ont été désignés. Ce dernier faisait déjà partie du premier programme, avec 101 millions d’euros investis.

Dans l'Oise


C’est le département qui concentre le plus de projets.

À Beauvais, après la rénovation du quartier Saint-Jean, considérée comme un succès par la municipalité, le programme prévoit de rénover les quartier Argentine et Saint-Lucien, avec un investissement de 280 millions d’euros. Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, est venu signé ce mercredi 3 décembre la déclaration d’engagement, une sorte de promesse de réalisation qui valide le projet et permet d’engager rapidement les premiers travaux.

Dans l’agglomération creilloise, Les Martinets (Montataire) et Les Hauts de Creil feront l’objet de rénovations. Dans le précédent programme, plus de 300 millions d’euros avaient déjà été investis sur ce territoire, répartis sur le Plateau Rouher, les Obiers, Gournay et les Martinets.

Le quartier des Terriers à Pont-Sainte-Maxence fait son apparition dans le programme. 22% des habitants des Terriers tirent la totalité de leurs revenus des prestations sociales. À Méru, dans le quartier de la Nacre, où près d’un emploi sur trois est un emploi précaire, un projet sera également déposé. Il faisait déjà partie du premier programme.

À Noyon, où le quartier Saint-Siméon a été rénové, c’est au tour de Beauséjour de bénéficier du programme. Enfin à Compiègne, le Clos des Roses et la Victoire, qui ont fait l’objet d’une première rénovation (66 millions d’euros au total), vont avoir accès à de nouveaux investissements.

40 milliards d'euros pour 450 quartiers en France


Le détail des sommes engagées n’a pas encore été établi. 11 projets ont été validés, les autres doivent encore être étudiés par l’Anru. Tant que tout n’est pas finalisé, on ne peut pas encore faire d’estimation régionale. Mais le gouvernement a promis 40 milliards d’euros pour l’ensemble des 450 quartiers à travers la France.

 
 
 
 

Les sommes investies dans le premier programme (2004/2020) :

Soissons (Presles/Chevreux) : 69 millions €
Saint-Quentin (Vermandois) : 101 millions €
Nogent-sur-Oise (Commanderie) : 37 millions €
Compiègne (Victoire/Clos des Roses) : 66 millions
Noyon (Saint-Siméon) : 28 millions
Beauvais (Saint-Jean) : 111 millions
Creil aggloméartion (Plateau/Rouher/Les Obiers/ Les Martinets/Gournay) : 310 millions
Méru (La Nacre) : 40 millions
Amiens (Etouvie) : 341 millions

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