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CETA : la Wallonie, ce petit bout de Belgique qui bloque l'Europe

Le chef de gouvernement socialiste Paul Magnette et le président de la Commission européenne Martin Schulz, le 22 octobre. / © NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Le chef de gouvernement socialiste Paul Magnette et le président de la Commission européenne Martin Schulz, le 22 octobre. / © NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP

La Belgique était sous intense pression lundi pour donner son accord à la signature du Traité de libre-échange UE-Canada, prévue jeudi à Bruxelles, mais les chances de faire plier la Wallonie au CETA paraissent désormais quasi nulles.

Par AFP

"Il ne sera pas possible de respecter l'ultimatum", a répété, lundi matin à la radio belge RTL, André Antoine, le président centriste du Parlement de Wallonie
dont la majorité est constituée par les centristes et les socialistes. La Belgique est le seul des 28 pays de l'Union européenne qui se trouve dans l'impossibilité de signer le CETA, un accord concernant plus de 500 millions d'Européens, en raison du blocage de cette région francophone du sud du pays de 3,6 millions d'habitants.

Cette paralysie fragilise davantage une Union en pleine crise, déjà fortement ébranlée par le Brexit, qu'elle va très probablement devoir négocier au printemps prochain avec Londres. Le président du Conseil européen --qui représente les 28 Etats de l'UE--, Donald Tusk a donné dimanche à la Belgique jusqu'à lundi soir pour dire si - "oui ou non" - elle peut signer le CETA, mais l'ultimatum a d'ores et déjà eté rejeté par la région belge de Wallonie qui bloque l'accord depuis plusieur jours. 
CETA : pression sur la Belgique

Sans le feu vert de la Belgique, le sommet et la signature programmés jeudi à Bruxelles, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau, seront annulés. Dimanche soir, le chef de gouvernement de Wallonie, le socialiste Paul Magnette, avait fait savoir, par son porte-parole, qu'il considérait qu'un tel ultimatum "n'était pas compatible avec le processus démocratique". Il "a toujours refusé de s'installer dans un timing contraignant", avait souligné
le porte-parole.

Lundi matin, André Antoine, le président de l'assemblée wallone, a réclamé davantage de temps pour que la Wallonie puisse étudier les textes, évitant toutefois de répondre à la question de savoir combien cela prendrait précisément. "Demain il y aura un Traité avec les Américains, des Japonais et des Chinois, il faut dès lors une base juridique solide" avec les Canadiens "que nous adorons", a plaidé M. Antoine.

Astérix le Wallon

La Wallonie voit dans le CETA les prémices du traité TTIP (ou Tafta), très impopulaire, que l'UE négocie très laborieusement avec les Etats-Unis, et réclame plus de garanties face aux puissantes multinationales. "Nous sommes devant une marmelade de texte, j'ai 300 pages de traité, 1.300 pages d'annexes. J'ai deux déclarations interprétatives (du projet de traité), même peut être trois", etc., a expliqué M. Antoine.

Interrogé si la Wallonie était tel le héros gaulois résistant à l'envahisseur romain, il a répondu: "Nous ne sommes pas Astérix, car on n'a pas la potion magique, on a simplement la force de nos convictions". Lundi en début d'après-midi, le gouvernement du Premier ministre belge Charles Michel a convoqué une réunion du comité de concertation --qui regroupe toutes les entités fédérées de Belgique, les francophones, les néerlandophones
et la germanophone, ainsi que le gouvernement fédéral
-- destiné à faire le point.

Ce sera la première fois que la Wallonie se retrouvera face à face avec une Flandre très irritée, région plus riche que la partie francophone du royaume et favorable à une signature du Traité. Selon les analystes, Paul Magnette est sous pression de sa base en Wallonie car le PS craint de se laisser déborder à gauche par le Parti du travail de Belgique (PTB).

Les services de la Commission européenne avaient transmis dimanche matin au socialiste Paul Magnette, et au représentant permanent de la Belgique
auprès de l'UE, un document sensé le rassurer sur certaines parties du traité. Ce texte qui concerne le volet très sensible de la protection des investissements --traitant de la possibilité donnée aux multinationales investissant dans un pays étranger de porter plainte contre un Etat adoptant une politique publique contraire à leurs intérêts-- a déçu le gouvernement wallon. Il estime qu'il ne va pas assez loin, a indiqué l'entourage de Paul Magnette à
l'AFP.

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