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Conférence de presse d'Emmanuel Macron : des annonces éducatives jugées peu convaincantes en Picardie

Reportées après l'incendie de Notre-Dame de Paris, les annonces d'Emmanuel Macron étaient très attendues / © Thomas Padilla/MAXPPP
Reportées après l'incendie de Notre-Dame de Paris, les annonces d'Emmanuel Macron étaient très attendues / © Thomas Padilla/MAXPPP

Emmanuel Macron s'est exprimé pendant plus de deux heures, ce jeudi 25 avril. Parmi les thèmes abordés et les promesses faites, l'éducation. En Picardie, les mesures annoncées n'ont pas vraiment convaincu, jugées irréalisables par certains. 

Par AP

Du côté du rectorat, pas de réaction, pas d'annonce à faire pour le moment. Pourtant, l'éducation avait bien sa place parmi les mesures annoncées par Emmanuel Macron, ce jeudi 25 avril 2019. Hier soir, le chef de l'Etat s'est exprimé pendant plus de deux heures en direct. Une prise de parole pour rassurer, et notamment les enseignants, très remontés en ce moment. La réforme Blanquer ne passe pas. 
 

Alors pour tenter de calmer les esprits, le chef de l'Etat a fait deux promesses : 
  • "Dans toutes les écoles, des classes à taille humaine qui ne dépassent pas 24 élèves" 
  • "Plus de fermeture d’école ou d’hôpital sans accord du maire de la commune d’ici la fin du quinquennat"

Sur le papier, les mesures pourraient rassurer les enseignants picards, dont certaines classes débordent. Une bonne nouvelle aussi pour les zones rurales de la région, en proie aux fermetures d'établissements faute d'effectifs. Alors que Jean-Michel Blanquer est de passage dans une école de Creil ce vendredi 26 avril, les réactions sont très sceptiques ici. "Ca ne veut pas dire grand chose, résume Amar Mohammedi, secrétaire départemental de l'Unsa dans l'Oise. J'aurais préféré qu'on nous annonce aucune suppression de postes (...) autant de concertation pour ça..." "Les promesses, ça suffit !", abonde Guillaume Hily, secrétaire départemental FSU de l'Aisne. 

 

24 par classe au risque de "surcharger"

D'abord, selon tous les syndicats consultés, l'allégement des effectifs de certaines classes se fera forcément au détriment d'autres. Un déséquilibre déjà provoqué, pour certains, par l'allégement des CP/CE1 en zones prioritaires REP et REP +. C'était l'une des promesses de campagne du candidat Macron. 
"24 par classe, je dis oui. Mais 24 partout, à tous les niveaux !", confirme Thierry Graf, secrétaire départemental de l'Unsa dans l'Aisne. Même sentiment dans la Somme. "Il va falloir recruter dans ce cas, et ça, on y croit pas du tout", confie Dorothée Farcy, membre du bureau du Snuipp de la Somme. "Encore une jolie annonce." Son syndicat, majoritaire dans le premier degré, avait milité à l'automne pour que les classes soient limitées à 25. 
 


"Si on ne veut pas surcharger les classes, il ne faut pas supprimer des postes", explique Fabrice Féron, maire (SE) de Crépy. Dans cette commune de l'Aisne, on réagit avec prudence aux promesses faites. "N'y-a-t-il pas une astérisque sur les Rep ? (...) aujourd'hui, on nous annonce beaucoup, mais à chaque fois, cela concerne les REP. Or les REP, ce sont des zones urbaines. On déshabille le monde rural pour le monde urbain..." 
"24 en moyenne ou dans l'absolu?"
, pointe Guillaume Hily. Le secrétaire départemental FSU dans l'Aisne redoute des effets d'annonce. Car, à y regarder de plus près, les moyennes nationales indiquent déjà 24,3 élèves par classe en maternelle dans le public, et 23,3 en primaire. Des moyennes derrière lesquelles se cachent des classes à plus de trente écoliers. Tous peinent à croire aux classes à taille humaine, sans augmentation des moyens. "Ca n'aura aucune conséquence tant que les budgets seront contraints par des politiques d'austerité", selon Pierre Ripart, secrétaire départemental SNUipp-FSU de l'Oise qui s'inquiète également de la réduction des postes au prochain concours de professeurs des écoles. 

Aucune suppression d'école : "je n'y crois pas"

"Le gouvernement pourra dire que ce sont les maires qui décident !" La deuxième annonce ne convaint visiblement pas beaucoup plus. "On délègue la responsabilité aux autres", continue la représentante du Snuipp de la Somme. Le Président a en effet garanti qu'il n'y aurait pas de fermeture d'écoles "sans accord du maire". Ainsi, Emmanuel Macron veut conforter les élus locaux dans leur pouvoir de décision. "Cette annonce ne nous protège pas dans les années à venir d'être à nouveau sujet à une fermeture, réagit pourtant le maire de Crépy. J'en suis au même niveau de vigilance." Dans cette commune de 1 900 habitants, Fabrice Féron tente de préserver l'établissement scolaire, il accueille 270 écoliers aujourd'hui. Des effectifs maintenus grâce au regroupement des communes voisines ; et un combat permanent. Cette année, l'école a failli perdre l'une de ses onze classes. 

Les mesures, dans l'ensemble reçues avec scepticisme en Picardie, ne semblent donc pas apaiser les esprits échauffés. "Les petites annonces des mesurettes, ça ne suffit pas", explique Guillaume Hily. Ce professeur des écoles, en poste depuis 27 ans, parle du "pire contexte qu'il ait connu" jusque là. 
 

Carte scolaire 2019, où en est-on ? 

Pour la rentrée 2019, de premières orientations ont déjà été données en début d'année. Le rectorat préfère attendre pour confirmer les tendances. En tout, l'académie d'Amiens devrait accueillir 1792 élèves en moins dans le 1er degré par rapport à septembre 2018, bénéficier de 15 créations de postes dans le premier dégré, pour 95 suppressions de postes dans le second degré. Dans le détail, le syndicat Snuipp confirme quatre créations de poste en primaire dans la Somme. Dans l'Aisne, l'Unsa prévoit 33 fermetures de classes, et 25 ouvertures pour le dédoublement des classes de CP/CE1. En février,

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