COP26. Quelques degrés de plus, est-ce si grave ? Oui, répond François Gemenne, membre du GIEC

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Écrit par François Gemenne avec Stéphane Mazzorato
A Ambleteuse, comme ailleurs, quels risques attendent les habitants du Nord Pas-de-Calais du fait du réchauffement climatique ?
A Ambleteuse, comme ailleurs, quels risques attendent les habitants du Nord Pas-de-Calais du fait du réchauffement climatique ? © FREDERIK GILTAY - FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS

Une élévation de la température, même faible, a un potentiel très élevé de dérèglement du climat. Chercheur, spécialiste du changement climatique et des flux migratoires, membre du GIEC, François Gemenne nous explique pourquoi.

"Deux minutes pour le climat" : Quelques degrés de plus, est-ce si grave ?

Oui. L’objectif de l’Accord de Paris, c’est de limiter l’augmentation de la température mondiale à 2°C d’ici 2100, et même 1,5°C si possible. Ça n’a l’air de rien, et certains jours on pourrait même se dire que ce ne serait pas plus mal d’avoir deux degrés de plus, mais en fait c’est grave. 

C’est grave parce que même une faible élévation de la température a un gros potentiel de dérèglement du climat : par exemple, un degré de plus entraîne une augmentation de 7% de l’humidité de l’atmosphère. Ça veut dire que les précipitations sont plus abondantes, et que le risque d’inondations est plus fort. 

Pour l’instant on est à 1,2°C d’augmentation de la température, et on voit déjà les événements climatiques extrêmes se multiplier autour de nous. Regardez l’été 2021 : quasiment 50° au Canada, des inondations catastrophiques en Belgique et en Allemagne, de terribles incendies dans le Gard, en Grèce et en Turquie…

Et il y a plus grave encore : c’est une moyenne. Ça veut dire que certaines régions du monde connaîtront des hausses de température beaucoup plus importantes : +3, +4 ou même +6 degrés. Cela veut dire une augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de chaleur et de précipitations extrêmes, mais aussi des ouragans. Sans compter que certains milieux sont très sensibles à la moindre variation de température : c’est par exemple le cas de l’agriculture de subsistance, qui constitue la principale source de revenus d’une famille sur deux en Afrique subsaharienne. Dès qu’il fait un peu plus chaud, ces familles perdent leur revenu.

Pour le dire brutalement, si nous sommes dans un scénario à plus de 2 degrés d’augmentation moyenne de la température, certaines régions du monde risquent tout simplement de devenir inhabitables.

Et tout l’enjeu se trouve là.
 

A l’occasion de la COP26, le chercheur en géopolitique de l’environnement et des migrations François Gemenne répond à 10 questions sur le réchauffement climatique : "Deux minutes pour la planète", chaque jour, une vidéo en ligne et diffusée après les 19/20 de France 3 Nord Pas-de-Calais et Picardie.

#LesHautsEnVert
Dans le cadre de la COP26, France 3 Hauts-de-France lance l'opération #LesHautsEnVert du 1er au 14 novembre 2021. Vous retrouverez chaque jour nos reportages et articles en lien avec la protection de l'environnement sur notre site hdf.france3.fr.


Suivez également la COP26 en ligne avec les mots-dièse #COP26, #COP26Glasgow, #ClimateChange, #TogetherForOurPlanet
 

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