Coronavirus : en Belgique, les mesures annoncées par le gouvernement sont plus radicales qu'en France

© BENOIT DOPPAGNE / BELGA / AFP
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La Belgique a aussi annoncé ce jeudi des mesures pour lutter contre le coronavirus. Les écoles sont concernées mais aussi les restaurants, cafés et les magasins hors alimentation. 

Par @F3nord avec AFP

"Il s'agit d'une situation grave". La première ministre belge Sophie Wilmès s'est exprimé ce jeudi pour faire le point sur le coronavirus. Et elle a annoncé des mesures drastiques.

Ecoles, cafés, restaurants, discothèques vont être fermés en Belgique afin de lutter contre la propagation du virus, et tous les rassemblements seront annulés "peu importe leur taille et leur nature", a-t-elle annoncés. La fermeture des écoles, au niveau national, sera effective à compter du week-end prochain "jusqu'au vendredi 3 avril inclus", veille des vacances de Pâques, a précisé Mme Wilmès lors d'une conférence de presse à l'issue d'un Conseil national de sécurité consacré à cette pandémie.
 

Tous les événements ou activités annulés


Pendant ces trois semaines un accueil sera toutefois possible dans les écoles pour les enfants dont les parents travaillent dans les hôpitaux et les soins de manière générale. "Cette règle ne doit pas empêcher les hôpitaux et les centres de soins de fonctionner normalement", a affirmé la Première ministre.

Les crèches resteront ouvertes, a-t-elle souligné. Quant aux universités, plusieurs d'entre elles avaient déjà annoncé plus tôt dans la journée la suspension des cours sur place. Concernant les rassemblements, le Conseil national de sécurité --réunissant autour des principaux ministres fédéraux les présidents des entités fédérées-- a pris des mesures drastiques. "Toutes les activités récréatives, sportives, culturelles, folkloriques, peu importe leur taille et leur nature, publiques ou privées, sont annulées", a déclaré Sophie Wilmès.

En France, la règle reste pour l'instant l'annulation des rassemblements de plus de 100 personnes même si de nombreux événements, avec une jauge encore plus petite, sont également reportés.
 

Autre différence : "les discothèques, cafés et restaurants doivent être fermés" en Belgique. En France, une telle mesure n'est pour l'instant pas évoquée. 

Enfin les magasins qui ne fournissent pas des produits ou services essentiels (hors alimentation et pharmacie) devront rester fermés le week-end. Les transports en commun continueront à circuler, mais la Première ministre belge conseille de les prendre uniquement si nécessaire.
 
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"Pas un lockdown"


La cheffe du gouvernement a précisé que toutes ces mesures valables pour les trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) entreraient en application à partir du minuit dans la nuit de vendredi à samedi, jusqu'au 3 avril. "Ce n'est pas un lockdown (un blocage complet, ndlr). Nous voulons éviter des situations comme en Italie", a dit Mme Wilmès en référence au pays d'Europe le plus touché par l'épidémie du Covid-19, ayant à déplorer plus de mille morts.

La Belgique, pays de 11,4 millions d'habitants, a recensé à ce jour 556 cas de contamination. Trois de ces malades sont décédés, une femme de 90 ans et deux hommes de 73 et 86 ans.

Jeudi soir, la Première ministre a de nouveau insisté sur la nécessité de protéger particulièrement les seniors. Ainsi les parents qui seraient contraints de faire appel aux grands-parents pour garder les enfants pourront aussi bénéficier de l'accueil maintenu dans les écoles, a-t-elle expliqué.
 


Un rhume ou une toux = isolement pendant 7 jours


Sur le plan médical, les autorités de santé belges ont également annoncé des mesures radicales ce jeudi. “À partir d’aujourd’hui, l’État demande aux médecins d’isoler durant 7 jours, tout porteur d’une infection respiratoire (rhume, ...), même bénigne ou sans fièvre. Si vous êtes malade, même très légèrement, restez chez vous!”, a expliqué sur Twitter le Dr. Philippe Devos, président de l’Association Belge des Syndicats Médicaux (ABSYM).
 

Selon Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé publique, le virus devrait rester huit à neuf semaines en Belgique. “On le voit maintenant en Chine : ça commence à diminuer. En Corée du Sud aussi. Le virus va faire son tour mais c’est la vitesse avec laquelle il se propage dans notre population qui est important pour éviter des situations dramatiques dans nos hôpitaux”, a-t-elle expliqué à RTL.be.

 

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