Coronavirus : dans le Nord, les agriculteurs manquent-ils de main d'oeuvre ?

Marché parisien le 21 mars 2020 où les clients se tiennent à un mètre de distance en raison de l'épidémie de Coronavirus. / © Ludovic MARIN / AFP
Marché parisien le 21 mars 2020 où les clients se tiennent à un mètre de distance en raison de l'épidémie de Coronavirus. / © Ludovic MARIN / AFP

La FDSEA s'inquiète plus de l'arrêt des marchés que de la pénurie de main d'oeuvre.

Par Emmanuel Pall

En début de semaine, la FNSEA a relayé l’appel du ministre de l’Agriculture aux personnes n’ayant plus d’activité, en raison du confinement, d’aider les agriculteurs en manque de main d’œuvre. Un nombre important de saisonniers étrangers ne viendra pas cette année sur le territoire en raison du Coronavirus. 

D’où cet appel. Selon la FNSEA, 40 000 personnes auraient déjà manifesté leur volonté de participer à ce programme. Qu’en est-il dans le Nord et dans les Hauts-de-France ?

Trois questions à Laurent Verhaeghe, président de la FDSEA nordiste, qui pour le moment, préfère se faire l'écho de la colère des agriculteurs contre la fermeture des marchés. 

Les agriculteurs des Hauts-de-France vont-ils manquer de main d’œuvre ?
Les endiveries tournent même s’il y a quelques droits de retrait, les asperges et les fraises vont arriver prochainement mais les agriculteurs ont leurs saisonniers habitués et je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de recours à de la main d’œuvre étrangère pour ce qui concerne le Nord. L’appel de la FNSEA concerne surtout le sud de la France avec qui nous avons un décalage.

Pour nous, les fraises et les asperges c’est pas avant fin avril. J’ai discuté aujourd’hui avec deux producteurs de fraises des Hauts-de-France. Ils ont leurs effectif.s  Notre problème, c’est la fin des marchés !


Le Premier ministre a effectivement annoncé lundi 23 mars que les marchés fermaient sauf dérogation. C’est un coup dur pour vous ?
Je viens d’écrire au préfet. Nous sommes conscients des enjeux sanitaires, pour autant l’alimentation reste nécessaire. Nous la produisons, nous ne pouvons pas fermer comme les restaurants et bénéficier de compensations financières. Et c’est normal ! Mais avec la fermeture des écoles nous avons perdu la majeure partie de la restauration collective. Là avec les marchés, nous perdons une autre corde à notre arc. Nos agriculteurs vont jeter et, nous, on n’aime pas jeter !

Que souhaitez-vous du coup ?
Je revendique, sachant que c’est la promiscuité qui contamine, que les marchés, sous certaines conditions, sont mieux que les grandes surfaces, d’un point de vue sanitaire. Avec des masques et des distances à respecter, notamment... Nous sommes capables d’organiser les choses. On casse les outils de circuits courts mis en place au profit de la grande distribution qui, pendant des décennies, a pressé nos agriculteurs. Donnons donc aux maires la capacité de décision et ne fermons pas les marchés ! 


 

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