Covid-19 : la propagation du variant Delta difficile à mesurer dans les Hauts-de-France

Il représentait 20% des tests PCR positifs des labos Biopath la semaine dernière dans les Hauts-de-France. Mais seulement un peu plus d’1% dans la dernière enquête flash menée au même moment par l’équipe du Professeur Froguel. La progression du variant Delta divise les spécialistes dans la région.

Pour le directeur des laboratoires Biopath, les cas de variant Delta ont crû rapidement ces dernières semaines : d’un seul cas à la mi-mai, à une centaine la semaine dernière, "beaucoup plus rapidement que ne l’avait fait le variant anglais", constate Hugues Leroy. Dans la région Hauts-de-France, ses labos réalisent la moitié de tous les tests PCR, 6 000 par jour en ce moment. "Mais le nombre de cas détectés aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qui se passait en janvier", rassure-t-il. Selon lui, personne ne peut savoir si ce variant va continuer sur sa lancée.

Le nombre de cas détectés aujourd’hui n’a rien à voir avec ce qui se passait en janvier

Hugues Leroy, Directeur laboratoires Biopath

Un avis que ne partage pas du tout le professeur Philippe Froguel dont les cas de variant Delta détectés dans son laboratoire ne sont pas très nombreux : 1,2 % de son dernier séquençage. "On n’échappera pas à une progression du variant Delta à l’image de ce qui se passe au Royaume-Uni ou au Portugal", souligne le généticien. "Mais plus le taux de présence du variant est bas aujourd’hui, plus nous aurons le temps de vacciner les Français pour réduire les effets d’une potentielle quatrième vague.

On n’échappera pas à une progression du variant Delta à l’image de ce qui se passe au Royaume-Uni ou au Portugal.

Philippe Froguel, généticien et professeur à l'Université de Lille 2

 

Si les clusters focalisent notre attention, comme celui d’Amiens la semaine dernière dans l’usine Dunlop, les résultats très différents de ces deux laboratoires suggèrent une grande disparité dans l’évolution dans notre région du variant idéntifié pour la première fois en Inde.

Une grande disparité qui peut s’expliquer par le taux d’attaque de ce nouveau variant, deux fois plus important que celui du variant britannique. Non seulement la personne infectée contamine plus de personnes dans son entourage, mais elle les contamine aussi plus rapidement.

Le gouvernement va-t-il revoir le calendrier du déconfinement ?

La part du variant Delta dans les contaminations pourraient pousser le gouvernement à revoir son plan de déconfinement.  "Au Portugal, au Royaume-Uni comme en Belgique explique le professeur Philippe Froguel, le nombre de contaminations par le variant Delta double tous les 11 jours et le nombre de cas positifs commence à augmenter à nouveau quand le variant représente entre 10 et 25 % des nouvelles contaminations". Un modèle qui ne semble pas pour le moment se reproduire en France car les indicateurs épidémiologiques sont toujours à la baisse et le nombre de cas n’augmente pas, mis à part le département des Landes.

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, l’a annoncé hier : les autorités pourraient reconsidérer le calendrier d’allégement des restrictions dans certaines régions si la propagation du variant Delta se confirmait.

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