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Dans le nouveau camp de Grande-Synthe, les migrants satisfaits rêvent de l'Angleterre

A Grande-Synthe, au camp de migrants de la Linière. / © Maxppp
A Grande-Synthe, au camp de migrants de la Linière. / © Maxppp

Le nouveau camp de Grande-Synthe est aujourd'hui "complet", annonce le maire de la ville Damien Carême. Ouvert il y a une semaine, le camp est géré par des ONG et respecte les normes internationales. Les 1500 migrants accueills sont satisfaits mais tentent toujours de partir pour l'Angleterre.

Par AFP

"On est mieux protégés... On est bien mieux ici !": comme l'Iranien Raya, des migrants confient leur satisfaction de se retrouver dans un camp aux normes internationales à Grande-Synthe, une semaine après son ouverture, mais leur rêve d'Angleterre demeure vivace.

Au sec

"Dans le précédent camp, il y avait de la boue, là c'est sec", dit lundi ce jeune homme de 30 ans en montrant ses chaussures, sur l'allée centrale qui partage ce camp en forme de sapin allongé, bordée de 300 cabanons en bois construits par les équipes de Médecins sans frontières (MSF). Pour entrer dans ce site coincé entre des rails de chemins de fer et en contrebas de l'autoroute Dunkerque-Calais avec son incessant ballet de camions et voitures, à une trentaine de minutes à pied du centre-ville, on passe d'abord par un grand préau où les migrants rechargent leur portable et improvisent des parties de football.

Puis, on traverse la cour d'une une ancienne ferme, au sein de laquelle un dispensaire prodigue des soins aux réfugiés, essentiellement des Kurdes, avant d'accéder au camp proprement dit le camp de "la Linière" offre ainsi un visage beaucoup plus organisé que celui dit du "Basroch", qui avait anarchiquement poussé au milieu d'un bois, et qualifié de "honte" par le préfet du Nord au regard de conditions sanitaires épouvantables.

Organisé

Le maire écologiste de Grande-Synthe avait décidé de le fermer au profit de ce nouveau site, ouvert le 7 janvier, avec MSF mais sans le soutien de l'Etat. La Linière est également bien moins labyrinthique que la "Jungle" de Calais, à une quarantaine de km, en cours de démantèlement. Harde, 21 ans, arrivé du Kurdistan irakien et qui dit avoir tenté vingt fois le passage en Angleterre, prend le soleil avec deux de ses amis au pied de son cabanon. "C'est beaucoup mieux que la Jungle", dit-il, évoquant le Basroch. "La maison est très bien. Mais comme tout le monde, je ne veux pas rester ici car je veux rejoindre l'Angleterre", affirme-t-il.

Signe que les migrants s'approprient déjà les lieux, on distingue un drapeau du Kurdistan ou des Etats-Unis, des inscriptions du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, ndlr) et même une étonnante affiche du chanteur Justin Bieber sur une maisonnette.

Food truck

A l'entrée, un petit snack a été aménagé dans un food truck. Lundi matin, Louise, une bénévole venue de Normandie, y distribue des salades de fruits en guise de petit-déjeuner. Dans les allées, les enfants chahutent, montent sur les camions, pédalent sur des vélos récupérés par les militants associatifs. "Bien sûr que nous sommes bien mieux ici, j'ai vécu trois mois dans l'autre camp, c'était assez terrible, il y avait mêmes des rats", dit Mihrdad, 27 ans venu d'Iran, en entrant dans sa tente, logement provisoire avant sa cabane en bois.

Dans les allées, certains continuent d'emménager, de nouvelles cahutes se construisent. Julien, un bénévole de l'association Utopia 56, aide les migrants à s'installer. Il pointe une certaine "improvisation" dans la mise en place de ce nouveau camp, qui a viré au bras de fer avec l'Etat. "Nous ne sommes pas assez de volontaires pour gérer le fonctionnement du camp, il nous faut des moyens humains pour accompagner les migrants, tout cela s'est fait très vite", regrette-t-il.

Besoin de moyens humains

Jabar, 26 ans, originaire d'Irak, évoque lui "des sanitaires qui sont trop loin" et des "cabanes où on manque d'intimité". "Au moins dans l'autre camp j'étais seul dans ma tente, j'étais tranquille", lance-t-il en rigolant, à côté d'autres réfugiés qui partagent avec lui son logement. "Mais évidemment que c'est mieux ici, ne serait-ce parce qu'on ne s'enfonce pas dans la boue."

Ici, "on a moins froid, on a de vraies couvertures et la nuit on dort mieux. Par terre, c'est propre, il n'y a pas de boue, forcément que c'est mieux", corrobore Kosaat, un Irakien de 22 ans. Puis il lance : pour aller en Angleterre "il n'y a pas 1 000 solutions, on monte dans des camions, on essaie tous les jours", se réchauffant les mains sur un poêle, face à l'autoroute.

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