Démantèlement du camp de Téteghem : où sont allés les migrants ?

Evacuation du camp de migrants de Teteghem; les migrants ont été accueillis dans une salle communale où un petit déjeuner leur a été servi avant leur transfert dans un centre d'accueil à Morbecque, Teteghem le 18/11/2015. / © PHOTOPQR/VOIX DU NORD
Evacuation du camp de migrants de Teteghem; les migrants ont été accueillis dans une salle communale où un petit déjeuner leur a été servi avant leur transfert dans un centre d'accueil à Morbecque, Teteghem le 18/11/2015. / © PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Mercredi dernier, la "jungle" de Téteghem avait été démantelée et les quelque 250 migrants acheminés en bus dans des centres d'accueil, de la région (Louvroil et Morbecque) et de France (Aix-les-Bains et Hossegor notamment). Aujourd'hui, ces lieux d'hébergements sont quasi vides.

Par F3 Nord avec Laura Levy

Ala base du parc de Morbecque, Ils étaient 76 migrants, arrivés en bus mercredi dernier. Relogés après le démantèlement du camp de Téteghem, le centre de répit de Morbecque devait leur apporter des conditions sanitaires absentes de la « jungle » où ils vivaient auparavant, avec 250 autres personnes. Certains se sont ressourcé quelques nuits, ont changé de vêtements. Mais une semaine après, le centre de loisir de Morbecque est désert.

« On leur a proposé de rester, il y avait du chauffage, l’eau, la nourriture, explique Mélanie Dewaele Animatrice au centre des Eclaireurs de France de Morbecque le Parc, mais ce n’est pas ce qu’ils voulaient. Ils voulaient repartir sur la Côte pour partir en Angleterre. »
Démantèlement du camp de Téteghem : où sont allés les migrants ?
Intervenant : Franck Dhersin (Maire LR de Téteghem), Henri Jean (Sous-préfet de Dunkerque), Laura Levy (journaliste) - Laura LEVY, Frédérik GILTAY Monteuse : Marion DUBOIS Graphiste : MOMPACH R

Une partie des réfugiés délogés ont été répartis dans des structures d'accueil de la région et du sud de la France. Franck Dhersin, maire de Téteghem (LR), à l'initiative de l'opération, se dit content… mais pas tout à fait : « le camp est vide mais d’un point de vue humain on ne peut pas être satisfaits parce qu’on n’a pas réglé le problème. On a renvoyé un certain nombre de familles vers des logements adaptés qu’elles ne veulent pas puisqu’aujourd’hui, tous les logements qui avaient été ouverts pour eux sont vides. »

Les familles, les personnes relogées, sont celles qui peuvent prétendre au statut de réfugié ou de demandeur d’asile -en raison de leur nationalité ou de conflit qu'ils auraient pu fuir. Le démantèlement du camp ayant été progressif, il n'y avait plus de migrants à qui on a susceptible quitter le territoire.

Bien que les personnes ne semblent pas vouloir des logements qui leurs sont proposés, les autorités se refusent à parler d’échec : « C’est difficile, reconnaît Henri Jean, sous-préfet de Dunkerque. On sait qu’on a contre nous des réseaux de passeurs, des mafias, qui vivent très bien, on demande plusieurs milliers d’euros à ces personnes pour espérer un passage clandestin. »

Résultat, les réfugiés continuent d'affluer : 5 à 7 par jour à Téteghem. Une vingtaine à Grande-Synthe, quotidiennement. De cette ville, proche de Calais, ils espèrent pouvoir rejoindre l’Angleterre.

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