Crise migratoire : déploiement d'un avion Frontex, lutte contre les passeurs, rôle du Royaume-Uni... ce qu'il faut retenir de la réunion internationale à Calais

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Écrit par Paolo Philippe
Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, lors de la réunion européenne sur la crise migratoire à Calais (Pas-de-Calais), le 28 novembre 2021.
Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, lors de la réunion européenne sur la crise migratoire à Calais (Pas-de-Calais), le 28 novembre 2021. © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

La réunion internationale sur la crise migratoire, qui fait suite au naufrage de 27 migrants dans la Manche mercredi, s'est déroulée ce dimanche après-midi à l'Hôtel de ville de Calais en présence de Gérald Darmanin et de ses homologues belge, néerlandais et allemand notamment. Elle avait pour objet "la lutte contre l'immigration clandestine et les réseaux de passeurs".

La réunion internationale sur la crise migratoire était à suivre sur le site de France 3 Hauts-de-France. Revivez la journée dans notre direct.

Les quatre infos à retenir

Un avion Frontex va être déployé. L'agence européenne des frontières Frontex va déployer à partir du 1er décembre un avion pour aider à lutter contre le trafic migratoire en Manche, a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il sera chargé de repérer et intercepter les tentatives de traversées en bateau, "jour et nuit".

Pas une réunion "anti-anglaise". Nous voulons travailler avec nos amis britanniques", a expliqué Gérald Darmanin, qui a parlé d'une réunion "pro-européenne".

Lutte contre les passeurs. La France, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas se sont engagés à renforcer la coopération policière entre leurs pays pour démanteler les réseaux de passeurs. Les dirigeants réunis à Calais ont également expliqué qu'il allaient davantage coopérer sur l'immigration clandestine.

Vers un accord post-Dublin ? Un haut responsable du ministère de l'Intérieur allemand a jugé "urgente" l'adoption d'"un accord entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne" concernant les migrations. Il a plaidé pour un "accord post-Dublin".

La journée à Calais

18h10 : "La Grande-Bretagne a un rôle important à jouer, il faut un accord post-Dublin [ce règlement confie au premier pays d'entrée d'un migrant dans l'UE la responsabilité de traiter sa demande d'asile] entre l'Union européenne et la Grande-Bretagne", déclare Stephan Mayer, secrétaire d'État parlementaire au Ministère fédéral de l'Intérieur.

17h55 : un avion de l'agence Frontex sera déployé au large de la Manche pour repérer et intercepter les tentatives de traversées en bateau, annonce le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

17h45 : le ministre de l'Intérieur prend la parole à l'issue de la réunion. "Nous voulons travailler avec nos amis britanniques", explique-t-il, précisant que la réunion n'était "pas anti-anglaise" mais plutôt "pro-européenne""C'est la lutte contre les passeurs et le nouveau cadre de travail avec la Grande-Bretagne que la présidence française annoncera de grandes avancées, je l'espère, dans les prochaines semaines."

"On ne peut pas parler de gouvernement à gouvernement par Twitter interposé", regrette Gérald Darmanin, qui explique que le dialogue avec le Royaume-Uni n'est pas rompu. "Les accords du Touquet [qui fixent depuis 2004 la frontière britannique sur la côte française, en échange d'une compensation financière], qu'ils soient là ou pas, n'ont aucune conséquence sur l'immigration illégale", explique par ailleurs le ministre de l'Intérieur.

16h30 : la maire de Calais, Natacha Bouchart, a échangé avec les ministres européens avant la réunion. "Il faut prendre en charge les migrants dans tous les pays", relaient nos confrères de La Voix du Nord.

16 heures : "Le point le plus important de cette réunion est la lutte contre les passeurs qui se jouent de nos frontières et pays" et qui font "passer leur commerce avant les vies humaines", a déclaré M. Darmanin à l'ouverture de la rencontre. Et d'ajouter : "ces morts sont trop nombreux".

15h45 : à plusieurs centaines de mètres de l'hôtel de ville de Calais,
une quarantaine de manifestants scandent "Darmanin, assassin,
t'as du sang sur les mains", encadrés par un important dispositif policier, rapporte l'AFP. "Cette frontière tue depuis trop longtemps", "ouvrons les frontières", pouvait-on lire sur leurs banderoles.

15H30 : "Nous ne pouvons pas continuer à compter les morts chaque jour", déclare la maire de Calais, Natacha Bouchart.

15h10 : les délégations belge, allemande et néerlandaise sont arrivées à Calais, comme les représentants d'Europol et de Frontex. Le début de la réunion est imminent. Un point presse est prévu après les discussions.

14h50 : le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, vient d'arriver à la maire de Calais. Il a été accueilli par la maire de la ville, Natacha Bouchart, comme nous le rapporte notre journaliste Thomas Millot, présent à Calais.

14h15 : "La France doit davantage solliciter Frontex pour augmenter ses moyens et être aidée dans la gestion de la situation à la frontière avec la Grande-Bretagne", suggère Stanislas Guerini, délégué général de La République en Marche (LREM), sur franceinfo.

13h55 : les associations sont-elles optimistes avant cette réunion ? Pas vraiment. "Je suis très pessimiste" quant à cette réunion, "la politique des autorités françaises, ici à Calais, d'éviter les points de fixation, de garder la frontière pour les Britanniques et d'embêter au maximum les associations dans leur travail, elle, ne va pas changer", explique ainsi François Guennoc, président de l'Auberge des migrants.

13h40 : le Royaume-Uni, qui n’a finalement pas été invité à la réunion par la France, compte malgré tout peser dans les discussions. La ministre britannique de l'Intérieur, Priti Patel, a annoncé dans tweet qu'elle aurait "des entretiens urgents avec (ses) homologues européens" la semaine prochaine, "pour éviter de nouvelles tragédies dans la Manche".

Londres appelle par ailleurs la France à coopérer contre les passeurs. "Nous devons tous faire ce que nous pouvons pour briser le modèle économique de ces trafiquants d'êtres humains" et "cela implique de travailler en étroite collaboration avec nos amis français", a déclaré sur Sky news le ministre de la Santé Sajid Javid, en pleine brouille diplomatique avec Paris.

Ce qu'il faut savoir

Une réunion internationale à Calais. Gérald Darmanin, le ministre de l'intérieur français, recevait à Calais les ministres de l'Intérieur de Belgique et des Pays-Bas, le secrétaire d'Etat allemand aux Affaires intérieures, le Secrétaire d'Etat belge à l'asile et à la migration, la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, la directrice exécutive d'Europol et le directeur exécutif de l'agence Frontex. La ministre de l'Intérieur britannique était absente. Le thème de la réunion ? La lutte contre l'immigration clandestine et les réseaux de passeurs.

Un drame sans précédent. 27 personnes sont mortes lors d'une traversée de la Manche, au large de Calais, mercredi en début d'après-midi. Ces hommes, femmes et enfants étaient partis de Loon-Plage à bord d'une embarcation de fortune (small boat) et tentaient de rejoindre le Royaume-Uni. Deux personnes ont été rescapées.

>> Naufrage de migrants dans la Manche : pourquoi les traversées vers le Royaume-Uni sont-elles si nombreuses cette année ?

Un nombre de traversées record. Les traversées de la Manche ont triplé en 2021. Alors que le bilan s'élève à 30 morts et 4 disparus, plus de 33 000 personnes ont tenté de rejoindre le Royaume-Uni en 2021. Selon les chiffres du ministère de l’intérieur britannique, rapportés par l'agence de presse Press Association, au moins 25 792 migrants ont rejoint le Royaume-Uni. Au 25 novembre, la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord estimait à près de 1 300 (1 281) le nombre de tentatives de traversées depuis début 2021 à partir des côtes françaises.

Une crise diplomatique entre la France et le Royaume-Uni. Le naufrage de 27 migrants au large de Calais a replacé la crise migratoire au cœur des débats entre la France et le Royaume-Uni. Après que Boris Johnson a appelé la France à reprendre les migrants ayant traversé la Manche, le président français Emmanuel Macron a dénoncé des méthodes "pas sérieuses".

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a lui annulé l'invitation de son homologue britannique, Priti Pratel, à la réunion internationale consacré à la crise migratoire. Le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a par ailleurs estimé samedi qu'il revient à la Grande-Bretagne la responsabilité de résoudre ses problèmes relatifs à l'afflux des migrants depuis qu'elle a quitté l'Union européenne.

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