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Disparition de deux Amiénois en République démocratique du Congo : il s'agirait d'un enlèvement

Frédéric Boyenga Bofala, 56 ans, et M. Diumbu-Ndjeka, 38 ans, auraient été enlevés aux alentours du 18 novembre 2016 / © France 3 Picardie
Frédéric Boyenga Bofala, 56 ans, et M. Diumbu-Ndjeka, 38 ans, auraient été enlevés aux alentours du 18 novembre 2016 / © France 3 Picardie

Deux Amiénois d'origine congolaise ont disparu en novembre en République démocratique du Congo (RDC), victimes d'un enlèvement, selon un témoin et leur avocat, qui a déposé plainte auprès du parquet d'Amiens.

Par Célia Mascré avec AFP

Auraient-ils été enlevés ? Frédéric Boyenga Bofala, 56 ans, président d'un micro-parti politique, accompagné de M. Diumbu-Ndjeka, 38 ans, dirigeant d'une société de sécurité à Amiens, sont portés disparus depuis plusieurs semaines.

"Leur disparition est très inquiétante, deux mois ça commence à être long. On n'a pas de position officielle des autorités congolaises, c'est peut-être ce qui m'inquiète le plus", a déclaré jeudi Me Stéphane Diboundje, avocat de Pablo Diumbu Ndjeka.

Selon l'avocat, amiénois lui aussi, ils se seraient rendus en RDC sur invitation du ministre de l'Intérieur de l'époque Évarice Boshab. "Le but du voyage était de permettre à M. Boyenga Bofala de présenter ses propositions pour l'avenir politique du pays aux différents hommes politiques, dont le chef de l'État Joseph Kabila", poursuit-il.


Dans la nuit du 17 au 18 novembre, ils ont été interpellés dans le hall de leur hôtel, à Kinshasa, par des membres de la garde républicaine, selon un témoin qui a raconté les faits à l'AFP et d'après leur famille. "Depuis, ces deux ressortissants français (la double nationalité n'existe pas en RDC, ndlr) sont introuvables", explique Me Diboundje, qui précise que les deux hommes "seraient détenus dans un endroit tenu secret". 

Les avocats des deux hommes - outre Me Diboundje, Me Caroline Wassermann du barreau de Paris - doivent rencontrer jeudi le conseiller Afrique de l'Élysée pour évoquer leur sort. Selon Romain Nadal, un porte-parole du Quai d'Orsay interrogé mercredi, "dès que nous avons été informés de la disparition de nos compatriotes, nous nous sommes mobilisés et avons demandé aux autorités congolaises de pouvoir exercer la protection consulaire telle que prévue par les conventions internationales". "Nous poursuivons nos démarches afin de nous assurer de leurs conditions et d'obtenir notamment un droit de visite", a-t-il ajouté. 


Une marche de soutien sera organisée samedi après-midi à Amiens dans le quartier populaire de Saint-Leu, où M. Diumbu-Ndjeka était connu, car il officiait comme agent de sécurité pour des établissements de nuit.

Une autre plainte auprès du doyen des juges du tribunal de grande instance d'Amiens, également pour enlèvement et disparition forcée, devrait également être déposée prochainement, selon les deux avocats. 
 

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