Economies d'énergie : la région Hauts-de-France et l'éducation nationale poursuivent la discussion autour de la fermeture des lycées le samedi

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Écrit par Yacha Hajzler .

La région tient une réunion annuelle avec les directeurs d'établissements et les recteurs ce mercredi 5 octobre. A cette occasion devrait être discutée une éventuelle fermeture des lycées le samedi. Une mesure avec laquelle Xavier Bertrand espère à la fois maintenir l'accès à l'énergie et faire des économies.

Des dizaines de lycées bientôt contraints de revoir leurs emplois du temps ?

Ce 5 octobre, la région Hauts-de-France réunit comme chaque année la direction de l'enseignement agricole, les rectorats et les chefs d'établissements. Selon la Voix du Nord, les responsables régionaux devraient saisir l'occasion de discuter la faisabilité d'une fermeture des lycées le samedi matin. Des cours y sont en effet dispensés dans 57 des 272 lycées publics des Hauts-de-France, ainsi qu'une partie des lycées privés de la région. 

"Nous avons clairement mis le sujet sur la table"

Mais le président Xavier Bertrand et la vice-présidente en charge des lycées, Manoëlle Martin, ont exprimé le souhait de changer de formule lors de la séance plénière du conseil régional, le 29 septembre. Les responsables régionaux souhaitent fermer les lycées le samedi, en basculant les heures de cours le mercredi après-midi.

L'adaptation est de taille : les emplois du temps, travaillés longtemps à l'avance, sont tous à revoir mais aussi le fonctionnement des cantines et, dans certains établissements, le mercredi est déjà dédié aux activités de sport scolaire UNSS. "Ce n'est pas nous qui décidons, mais on a mis clairement le sujet sur la table" a déclaré Xavier Bertrand, qui évoquait également la crainte de coupures d'électricité.

Nous n'oublierons pas les questions de confort, pour enseigner dans de bonnes conditions, nous n'allons pas faire n'importe quoi. Un peu de sur-mesure ne fera pas de mal, et les propositions des chauffagistes sont intéressantes en la matière.

Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France.

Cette décision irait dans le même sens que la fermeture prolongée de certaines universités, qui ont choisi de différer la reprise des cours de deux semaines en hiver. La motivation en est simple : faire des économies, à l'heure de la flambée des prix de l'énergie.

Dans les Hauts-de-France, les factures d'électricité ont explosé. La région anticipe des frais de 147 millions d'euros en 2022 pour les seuls lycées publics, contre 40 millions en 2021

Un projet impossible, pour le SNES-FSU 

Les effets d'annonce de la région crispent le principal syndicat des enseignants du second degré, le SNES-FSU. "Il y a un problème de confrontation avec la réalité. Plein d'établissements sont déjà ouverts le mercredi après-midi, ils ont organisé leur temps sur une semaine complète, je ne vois pas comment on pourrait simplement recaser cette matinée n'importe où, commente Jean-François Caremel, secrétaire général du SNES-FSU Lille. Ce genre de décisions devrait passer par le Conseil Académique de l'Education Nationale, où sont présents des représentants de l'Etat mais aussi des représentants de parents, d'étudiants ou de syndicats. Une de ces réunions devait se tenir le 28 octobre, elle a été annulée et reportée sine die." 

Le syndicat oppose au projet de la région la nécessité de soutenir des efforts de rénovation énergétique des lycées, un projet qu'il défend depuis plusieurs années. "Force est de constater que les lycées ne sont pas une priorité pour la Région puisque très peu de choses ont été faites. (...) Les lycéens de l'académie doivent avoir le droit de disposer de conditions d'enseignement non-dégradées, gage de leur réussite aux examens et pour leurs futures études" cingle le syndicat dans un communiqué.

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