Etat d'urgence : des écoles annulent leur fête de fin d'année

Une kermesse d'école à Nantes. Image d'illustration. / © école Saint Pierre
Une kermesse d'école à Nantes. Image d'illustration. / © école Saint Pierre

Menaces d'attentat, mesures de sécurité difficiles à mettre en oeuvre, principe de précaution : certaines écoles nordistes ont décidé d'annuler leur fête de fin d'année. Judicieux ? Nécessaire ?

Par @F3nord

Faut-il annuler les traditionnelles fêtes de fin d'année ou kermesses dans les écoles ? La question est posée par des maires et des directeurs d'établissement. Faut-il rester prudent ou vivre normalement ? La menace d'attentats doit-elle priver les enfants et les familles de ce rendez-vous convivial ?

"On doit contrôler l’accès. Qui je mets à l’entrée ?"

Dans l'Académie de Lille, certaines écoles ont d'ores et déjà pris la décision d'annuler : à Bavay (toutes les écoles publiques de la ville), à Maubeuge et Billy-Berclau (certaines écoles), à Saint-Inglevert-Hervelinghen, Ambleteuse (liste dressée par La Voix du Nord). A Tourcoing, le directeur de l'école Lamartine explique au quotidien régional : « Notre inspecteur nous a rappelé les consignes de Vigipirate. On doit contrôler l’accès. Qui je mets à l’entrée ? Des vigiles ? Je n’ai pas les moyens. La police municipale ? Elle ne pourra pas être partout. Les enseignants doivent gérer les élèves et les parents veulent voir leurs enfants danser. De plus, je ne m’estime pas habilité à faire ouvrir les sacs. C’est très compliqué à mettre en œuvre. »

D'autres écoles ou communes hésitent. D'autres ne veulent rien changer. Le Rectorat, lui, n'a pas de donné de consignes particulières. Et le site du ministère de l'Education n'aborde pas clairement la question des fêtes d'école. Il y est question que de mesure plus générales : "Le ministère rappelle les consignes suivantes aux personnels de l'Éducation nationale, aux parents d'élèves et aux élèves :
  • l'accueil à l'entrée des écoles et établissements scolaires est assuré par un adulte ;
  • un contrôle visuel des sacs peut être effectué ;
  • l'identité des personnes étrangères à l'établissement est systématiquement vérifiée"
Le maire de Roncq, dans le Nord, a adressé un courrier au rectorat et résume ainsi le flou et la polémique : "La traditionnelle fête d’école clôture agréablement une année scolaire. Elle est donc attendue avec impatience par les enfants comme par leurs parents. L’état d’urgence impose à notre pays la plus grande vigilance quant à l’organisation de grands rassemblements. Pour autant, le gouvernement nous incite à vivre normalement tout en exerçant une vigilance accrue."  


"Nous assistons à des situations totalement aberrantes"

Vincent Ledoux (LR), demande à l'Etat de donner des consignes claires : "Si l’Etat dispose d’informations que les maires n’ont pas et qui empêchent l’organisation de ce type de manifestations enfantines, alors que l’Etat prenne clairement ses responsabilités en les interdisant." Et il cite un exemple pour dénoncer "l'absurdité" de la situation actuelle qui concerne aussi les voyages de classe : "Nous assistons à des situations totalement aberrantes comme ce voyage de classe à Paris organisé par le Lycée Gambetta de Tourcoing : les lycéens allemands de la ville jumelle ont pu visiter la Cathédrale Notre-Dame de Paris quand leurs homologues français durent rester à la porte !" Sur France Info, il a également demandé : "Il faut que le recteur nous dise 'je les empêche', ou 'je ne les empêche pas', mais que les consignes soient extrêmement claires".
L'année dernière, après les attentats de janvier, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, avait appelé au maintien des fêtes d'école : «Ces moments de convivialité qui permettent que les familles soient associées à la scolarité doivent se tenir, j'y tiens», avait-elle déclaré. 
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Faut-il annuler les fêtes de fin d'année dans les écoles ?

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