Un été en Picardie : la Picardie souterraine, les muches du Ponthieu et de l’Amiénois

Pour se protéger des invasions et des pillages après le Moyen-âge, les populations du nord de la France ont creusé un important réseau d’abris souterrains : les muches. Découverte cette semaine des sites de la Somme : des visites que vous pourrez compléter d'agréables balades dans le Ponthieu.

© Delphine Dubourg - FTV
Dans toute la partie nord de la France, des souterrains-refuges ont été creusés aux XVIe et XVIIe siècles pour mettre à l’abri les populations, leurs biens et leurs récoltes et les protéger des invasions et des pillages. D’anciennes galeries utilisées pour extraire de la craie ont parfois été aménagées. Ces souterrains sont appelés muches (du verbe mucher en picard, cacher). On utilise aussi les termes de boves (à tort, la bove est une seconde cave, qui servait de stockage à l’abri du gel) ou creutes (lorsqu’elles sont aménagées en habitation). Adrien Blanchet, dans son ouvrage « Les souterrains refuges de la France » paru en 1923, écrit : « Aucune province ne parait posséder plus de souterrains que la Picardie ». Notre « province » en compte ainsi environ 300.

Ces muches peuvent être organisées avec rues et chambres, creusées à même la craie ou complétées de galeries maçonnées. Elles ont pu également servir jusqu’au XXe siècle lors des deux guerres mondiales.

Elles ne subsistent pour l’essentiel que dans la mémoire collective. Certaines, comme à Naours, ont été remise au jour depuis plus d’un siècle. D’autres sont redécouvertes fortuitement lors d’éboulement ou de travaux. Peu sont effectivement ouvertes au public : dans la Somme, elles sont à Naours, Mesnil-Domqueur, Bouzincourt et Hiermont.

Incontournable : la Cité souterraine de Naours

Ce site de souterrains-refuges se visite depuis les années 30 ! Comme le souligne le site internet de la Cité souterraine : un remarquable réseau de galeries, avec chambres, places, chapelle, et des témoignages de la Grande guerre à travers des milliers de graffitis gravés par les soldats.
Sur place également : un parc accrobranche et un mini-golf.
Ouvert tous les jours en juillet et août : conditions et tarifs sur le site internet de la Cité souterraine.
 
La Cité souterraine de Naours

Les muches de Bouzincourt, à proximité d’Albert

Un site « de village » à découvrir en entrant par l’église avant de descendre une dizaine de mètres sous terre, avec port du casque obligatoire et lampe de poche de rigueur.
Le site a été fermé au public à la demande du maire du village et par décision de la sous-préfecture de Péronne le 24 juillet 2020, à cause d'aménagements de sécurité incomplets.
La sécurisation des lieux est prévue. Les visites devraient ensuite reprendre : elles sont organisées par l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de Bouzincourt et ne se font que sur rendez-vous, par groupe de 10 maxi, et avec les contraintes sanitaires d’actualité, masque et nettoyage des mains.
Contact : Jean-Luc Rouvillain 06 70 19 79 52
Toutes les infos sont à retrouver sur la page facebook de l’association

Et avant votre visite, découvrez ci-dessous ces muches grâce au travail réalisé par l’école d'ingénieurs et d'architecture INSA de Strasbourg
 
Visite virtuelle des muches de Bouzincourt

Des muches dans le Ponthieu

Le Ponthieu compte une soixantaine de villages qui possède ses muches. Domqueur, avec sa Maison des Muches, est un des sites les plus remarquables, qui a vu passer des milliers de visiteurs. Il est fermé au public depuis un effondrement en février 2018. Aucune réouverture n’est prévue actuellement.Il s’agit d’un réseau complet et dans son état d’origine, qui a été découvert fortuitement en 2005. Un réseau d’une centaine de mètres sous 10 à 12 m de profondeur, après une entrée… sous l’église.
Les visites se font par groupes de 8-10 personnes maxi et sont menées par monsieur le maire, Philippe Pierrin : tél 06.82.81.68.14
Pour tout savoir sur ces muches, lire l’article Le souterrain aménagé de Mesnil-Domqueur paru en avril 2010 dans La Revue archéologique de Picardie.Une rampe d’entrée de 25 m, 52 m de galerie, 75 chambres réparties en 2 rues : à découvrir lors des prochaines Journées du Patrimoine des 19 et 20 septembre 2020.
L’association Arrras (Association régionale de recherche des réseaux anthropiques souterrains – tél 06.38.82.24.85), dont le site est une mine d’information sur les muches dans le nord de la France, organise des visites tous les 2 ans : avec aménagements spécifiques pour l’accès (rampe, éclairage), restitutions des fonctions de certaines salles, d’aménagements et d’ateliers d’époque, et exposition dans l’église.
Infos : la visite des muches de Hiermont au programme des Journées du Patrimoine 2020
 
Découverte des muches de Hiermont

Des balades dans le Ponthieu

Une balade de 60 km que l’on peut réaliser en 2 fois 30 km, et qui vous permettra de visiter les villages du Ponthieu, d’Agenvillers à Domart, en passant par Domqueur. Prenez le temps de découvrir le patrimoine rural local, le château de Ribeaucourt dont les jardins sont ouverts au public l’été, et de visiter Saint-Riquier.
Retrouvez ici la fiche pratique Une balade de 9 km que l’on peut aisément couper en 2 pour prendre son temps ou raccourcir selon ses envies. Une balade pour découvrir un bourg au passé prestigieux, lieu d’une abbaye royale au VIIe siècle. 
Ne manquez pas de visiter l’église abbatiale et les jardins de l’abbaye, en accès libre. Cerise sur le gâteau : des concerts gratuits d’orchestres d’harmonies de la Somme y sont organisés tous les samedis à 16 h jusqu'au 29 août. Le programme est à lire sur notre site.
Les détalis du parcours sur la fiche pratique de la balade centuloise.

Bon week-end, en musique !
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