Europacity : Macron dit “stop” au mégacomplexe rêvé par Auchan

Le projet Europacity / © HANDOUT / ALLIAGES ET TERRITOIRES / AFP
Le projet Europacity / © HANDOUT / ALLIAGES ET TERRITOIRES / AFP

La fin d'un gros projet pour l'entreprise nordiste Auchan. 

Par EM avec AFP

Coup dur pour Auchan ? "Daté et dépassé": Emmanuel Macron a décidé jeudi d'enterrer Europacity, un mégacomplexe de commerces et de loisirs porté en partie par Auchan qui devait être implanté d'ici à 2027 dans le Val-d'Oise au nord de Paris, et qui hérissait les défenseurs de l'environnement comme les petits commerçants.

500 boutiques, une piste de ski, un parc aquatique... Europacity était un gigantesque projet rêvé par le groupe nordiste Auchan en 2014. Il ambitionnait d'accueillir 30 millions de visiteurs par an. Associé au géant chinois des loisirs Wanda, la foncière du groupe Auchan Holding portait depuis 10 ans ce projet. 
 
EuropaCity : le gouvernement abandonne le projet

"Le président de la République a décidé de ne pas poursuivre le projet Europacity", a indiqué l'Elysée, estimant qu'il "ne correspond plus aux aspirations de nos concitoyens". L'annonce intervient alors que se tient jeudi après-midi un troisième Conseil de défense écologique. Lors du premier Conseil de défense écologique en mai, l'exécutif avait annoncé l'abandon du projet minier Montagne d'or en Guyane.

"C'est une grande satisfaction", a réagi auprès Bernard Loup, le président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG), opposant historique au projet, et qui s'attendait à une telle décision : "On a compris, vu les prises de positions d'Emmanuel Macron sur le changement climatique, qu'il ne pouvait plus soutenir Europacity".
 
Le projet Europacity en 2014


"Depuis l'été, nous avons senti que ce soutien a tiédi à mesure qu'est monté le débat sur l'artificialisation des terres", s'inquiétait de son côté fin octobre
dans Les Echos Vianney Mulliez
, le président de la filiale immobilière d'Auchan Ceetrus, qui porte Europacity à parts égales avec le groupe chinois Wanda. Le projet prévu pour 2023 a été plusieurs fois reporté, car très contesté. Il devait voir le jour en 2027.

 Le mégacomplexe pesant 3,1 milliards d'euros devait s'établir sur ce que le CPTG qualifiait de "terres les plus fertiles d'Ile-de-France", le triangle de Gonesse, coincé entre les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et du Bourget. Fait rare, les syndicats agricoles s'étaient également unanimement déclarés opposés au projet. 

Dans un contexte plus global de mobilisations autour des questions d'environnement, les promoteurs avaient verdi leur copie début octobre, présentant une nouvelle version du projet, "zéro carbone dès 2027", 4.000 arbres plantés et 80 hectares d'espaces naturels recréés en compensation. Ils promettaient également de réduire les surfaces commerciales, alors que les commerçants des environs s'inquiétaientd e devoir affronter la concurrence de centaines de boutiques.
 

"Projet alternatif"


Ces modifications n'auront donc pas convaincu le gouvernement. Emmanuel Macron souhaite faire émerger un "projet alternatif" qui devra être "plus mixte, plus moderne, sans créer un pôle démesuré de consommation, de loisirs et d'objets". Il a confié "la mission à Francis Rol-Tanguy, ancien directeur de l'Atelier parisien d'urbanisme, de travailler avec les élus à l'élaboration d'un nouveau projet".

Les élus locaux étaient très largement favorables à ce projet qui promettait decrée r de l'emploi dans la zone. "Le gouvernement sacrifie notre territoire au nom d'une vision uniquement symbolique de l'écologie", a tempêté jeudi par communiqué le maire PS de Gonnesse, Jean-Pierre Blazy. Début octobre, les élus du territoire avaient tenu une conférence de presse aux côtés des promoteurs pour défendre cet aménagement "essentiel" pour le département, qui "a toujours été le parent pauvre" de l'Île-de-France, disaient-ils. 

"Europacity c'est fini ! Une très bonne nouvelle. Ce projet était absurde à l'heure de la transition écologique", a réagi le directeur général dGreepeace Jean-François Julliard. "Il faut maintenant s'assurer de la préservation de ces terres agricoles, devenues si rares à proximité de Paris." 
    
    
 

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