Générations Futures recense les victimes des pesticides et relance le débat

Capture d'écran de la carte "Victimes des pesticides" / © Générations Futures
Capture d'écran de la carte "Victimes des pesticides" / © Générations Futures

Près de 200 témoignages répertoriés par l’association Générations Futures alertent sur le danger des pesticides. Dans toute la France, riverains, collectifs, ou professionnels se mobilisent pour lutter contre l'utilisation de ces produits.

Par IT

L’association Générations Futures a publié jeudi une carte de France avec plusieurs témoignages de victimes des pesticides. La carte donne la parole à des centaines de personnes qui se disent affectées par ces produits.

Pilule à 12 ans pour arrêter les saignements

En Picardie, il y a par exemple le témoignage de « Madame Y » - les témoignages pour la plupart sont anonymes - qui habite près de Senlis dans l’Oise. Elle indique que son logement se situe à 25 mètres d’un champ de culture dans lequel elle voit pousser des betteraves, du colza ou encore des céréales. « Je ne compte plus le nombre de traitements sur une année, c’est très angoissant », poursuit-t-elle. Mais ce qui l’inquiète le plus, c’est le diagnostic d'un gynécologue : « De novembre à janvier 2016, ma fille a eu des saignements en continu. Le gynécologue lui a fait faire et échographie. Résultat : ovaires polykystiques, taux de testostérone anormal. Prise de pilule à 12 ans pour arrêter les saignements. Prochaine écho dans 6 mois. »  Pour cette femme, les ovaires polykystiques de sa fille sont dues aux pesticides. « Comme nous n’avons (pour le moment) aucun pouvoir pour faire face à ces épandages, nous nous sommes attaqués à tous les perturbateurs endocriniens contenus dans les produits que nous achetions (dentifrice, shampoing, gel douche, vernis à ongles…) ».

Dialogue de sourds

Des témoignages comme celui-ci, il y en a près de 200 sur le site de Générations Futures. François Veillerette, ancien vice-président du Conseil régional de Picardie et porte-parole de l’association, expliquait sur France Info que la carte avait pour objectif d’alerter les pouvoirs publics. Il dénonçait aussi l’absence de dialogue entre la population et les professionnels du monde agricole. 

Agriculteurs en colère

La réponse ne s’est pas fait attendre. Sur son site, la Coordination Rurale Nord Pas-de-Calais Picardie fustige les propos de François Veillerette. « La Coordination Rurale regrette que M. Veillerette, malgré ses travaux sur sa « carte de France des victimes de pesticides », ignore complètement l'intérêt porté par les agriculteurs à la diminution de l'utilisation des produits phytosanitaires. » L’un des membres du syndicat, Eric Lavoine agriculteur picard, poursuit  « Les intérêts idéologiques devraient parfois cesser chez certains extrémistes de l'écologie. Ils oublient trop souvent nos réalités et le besoin primaire de toute l’humanité : se nourrir. »

Le débat sur les pesticides ne fait que commencer. La France vient tout juste de décider de suspendre jusqu'à la fin de l'année toutes les importations de cerises traitées au diméthoate, un insecticide interdit en février, afin de protéger les consommateurs et les producteurs français. Burlats, bigarreaux et griottes devraient se faire rares sur les étals cet été.

Perturbateurs endocriniens : le grand danger ?

Rendez-vous à 11h30 samedi sur France 3 Picardie. L’émission La Voix est Libre s’intéressera aux perturbateurs endocriniens, des molécules, présentes dans l'eau, l'air, les objets du quotidien ou l'alimentation, et qui provoqueraient des problèmes de fertilité, des malformations voire des modifications de comportement.  

Pour débattre du sujet, Cathy Colin recevra François Veillerette, porte-parole de l'association Générations Futures, Elodie Haraux, chirurgien-pédiatre, Olivier Dauger, Président de la Chambre d'agriculture de l'Aisne, et Jean-Marc PUJO, Directeur du site BAYER SAS à Marle, dans l'Aisne, et administrateur de l’Union des Industries Chimiques Picardie Champagne-Ardenne.

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