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Gilets jaunes : vos témoignages en Hauts-de-France

© PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP
© PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Dimanche 9 décembre à 10h50, dans leur émissions Dimanche En Politique, les antennes régionales de France 3 vous donnent la parole pour comprendre l’origine du mouvement des gilets jaunes. Voici quelques-uns des témoignages recueillis en Hauts-de-France.

Par Jennifer Alberts


Depuis plusieurs semaines, vous êtes des milliers à vous mobiliser dans le mouvement des gilets jaunes en Hauts-de-France. Une contestation que les antennes régionales de France 3 relayent depuis son apparition.

A l'occasion d'une émission Dimanche En Politique spéciale diffusée à 10h50 dimanche 9 décembre, nous vous avons demandé de nous envoyer vos témoignages sur vos conditions de vie, vos attentes, vos espoirs et les raisons de votre colère.
 


Certaines formulations reviennent régulièrement dans toutes ces paroles de Français des Hauts-de-France : justice sociale, trop de taxes, des retraites trop faibles, une déconnexion des élites et des politiques, survivre...

Beaucoup de revendications convergent vers une baisse des prélèvements obligatoires, une revalorisation du Smic et des pensions de retraite. Côté solution, nombreux sont ceux qui n'hésitent pas à réclamer une refonte totale de notre système de gouvernance politique dont la première étape est la démission d'Emmanuel Macron et du gouvernement.

Moins de taxes

 

A Houdain-lez-Bavain, Françoise réclame un meilleur pouvoir d'achat et "moins de taxes et plus de services. On nous demande toujours plus de solidarité. Finalement, on donne mais on ne reçoit rien". C'est pour cette raison qu'elle s'est jointe au mouvement des gilets jaunes. Ce qui lui rendrait espoir, c'est la suppression de la CSG, la baisse de la TVA et le gel des taxes. Pour elle, ce sont les élus de proximité qui peuvent changer les choses : "peut-être les maires. Ils sont plus proches de leurs concitoyens. S'ils pouvaient être entendus bien sûr ! A l'évidence, ce n'est pas le cas et voilà pourquoi nous en sommes là aujourd'hui", déplore-t-elle. Quant à la violence des manifestations des gilets jaunes à Paris, Françoise ne la cautionne "en aucun cas. Parce que l'on paiera encore la facture".
 

Je demande juste de vivre, ne plus avoir à compter centimes par centimes pour faire mes courses. Elisabeth, Cugny

Même revendication pour Elisabeth qui habite à Cugny dans l'Aisne. Elle est gilets jaunes à cause de "toutes les augmentations qui nous écrasent. Le carburant, le prix des course, le fuel, les taxes sur l'eau, l'électricité : on paie plus pour les taxes que pour consommer. La TVA, les impôts. Et aussi la baisse des pensions de reversions à cause de la CSG". Ce qu'elle aimerait, c'est "la suppression de toutes ces taxes, la baisse de la TVA sur l'alimentation entre autre, l'augmentation du SMIC mais pas juste de quelques centimes. Une vraie augmentation.". Elisabeth pointe plus particulièrement le problème des pensions de reversion : "il faut arrêter de nous interdire de vivre avec plus de 1400 euros par mois ! Lorsque l'on demande la reversion d'une pension de retraite, il ne faut pas avoir plus de 1400 euros par mois, reversion comprise ! Pour avoir droit à des aides quand on a des problèmes financiers, il ne faut pas dépasser ce seuil. Je demande juste de vivre, ne plus avoir à compter centimes par centimes pour faire mes courses. Je veux aussi pouvoir me chauffer."


Augmentation du Smic


Sophie et Aurélie sont installées à Marcq-en-Baroeul dans le Nord. Ce qui semble urgent à ces deux jeunes femmes, c'est l'augmentation du Smic : "ce montant n'est pas décent ! Sans compter ceux qui vivent en-dessous du Smic". La hausse du prix des carburants ne passe pas. Et c'est pour dénoncer l'injustice sociale et la suppression de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) qu'elles ont manifesté avec les gilets jaunes : "nous n'avons aucun moyen de savoir si ces grosses fortune investissent en France pour sauver des entreprises qui périclitent. Nous en doutons fortement", expliquent-elles.

 Les gens sont à bout.


Leur espoir réside donc dans une augmentation du Smic, plus clarté dans les impôts, la fin des dépenses inutiles de la part de l'Etat. Selon elles, les solutions passent par "faire comme dans les pays nordiques. Ecouter le peuple (...) et faire plus de référendums."
Si elles n'ont entièrement perdu confiance en la classe politique, celle-ci va à "des personnes sensées qui connaissent les difficultés au quotidien, des députés qui maîtrisent la politique, à l'écoute de la vox populi". Et elles ne cautionnent aucunement la violence de Paris, "encore moins de saccager les monuments historiques, quelle honte !!", elles temporisent néanmoins : "mais les gens sont à bout..."

Il faudrait des élus/fonctionnaires qui seraient rémunérés au SMIC et qui auraient des primes en fonction de leurs résultats. Pierre,Amiens



Pierre vit à Amiens dans la Somme. Son urgence à lui, c'est de "trouver un emploi qui ne nécessite pas 3h ou 300€ de transport". Selon lui, l'un des problèmes réside dans le système de formation et de retour à l'emploi pour les chômeurs. Ce qui pourrait lui redonner de l'espoir c'est "un élu/fonctionnaire qui serait rémunéré au SMIC et qui aurait des primes en fonction de ses résultats basés sur des choses éthiques ou de bienveillance locale (taux de pauvreté diminuant, taux d'emploi en CDI temps plein augmentant, taux d'accidents ou de malade en baisse...)". Et s'il est contre "la violence physique envers les personnes", Pierre ne rejette pas l'idée d'une "violence/destruction/saccage de biens/matériaux si ça peut se faire entendre et faire régir plus vite."

Nous avions cru en du "sang jeune", non altéré part des décennies de politique. Nous nous sommes trompés. Gérard, Haillicourt

 

Plus de justice sociale


A Haillicourt dans le Pas-de-Calais, Gérard attend des réponses concrètes et pas seulement des promesses. Ce qui lui a fait enfilé un gilet jaune, c'est "le trop plein : nous n'arrêtons pas d'être prélevés à tout titre sans pour autant avoir de services en contrepartie. A quoi servent réellement tous ces prélèvements ? nous ne voyons que des dépenses publiques irréfléchies et sans retour." Pour lui, la sortie de crise passe par "une amélioration du pouvoir d'achat des français, une réduction substantielle des impôts et taxes, une meilleure gestion du secteur public, l'arrêt du gâchis des dépenses publiques". Et de reconnaître à propos d"Emmanuel Macron : "nous avions cru en du "sang jeune" non altéré par des décennies de politique. Nous nous sommes trompés."


C'est "l'élan qui s'est mis en place pour demander une modification de la politique gouvernementale" qui a poussé Alain de Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais à rejoindre le mouvement des gilets jaunes. Pour lui, il est urgent de "réinstaurer une justice sociale qui a complètement disparue avec une fracture de plus en plus forte entre pauvres et riches mais aussi en jeunes et anciens avec un mépris des personnes à la retraite (classe non laborieuse mais qui l'a été)" et d'organiser "de nouvelles élections pour changer nos députés qui ne font qu'obéir au pouvoir exécutif en place et un changement de constitution pour redonner forme à la démocratie. Je donnerai ma confiance selon le programme proposé."
Quant à l'usage de la violence, "la fin justifie toujours les moyens (...). La violence naît de cette situation de blocage."


Les taxes sont violentes pour notre niveau de vie. Sylvie, Tourcoing

Moins de taxes 


La préoccupation principale de Sylvie qui vit à Tourcoing dans le Nord, c'est "moins d’augmentations de taxes" sur l'essence, le gazoil, l'électricité "alors qu'on nous demande de rouler plus vert donc électrique et qu'on se plaint déjà d'avoir du mal à joindre les deux bouts". Elle a pris un gilet jaunes pour plusieurs autres raisons : la baisse des retraites, le recul de l'âge du départ à la retraite, la baisse bien trop faible de la taxe d'habitation au regard de l'augmentation de tous les autres prélèvements, "l'augmentation d'arrivée de migrants alors que sur notre sol le taux de chômage est désastreux...veut-on augmenter le nombre de nécessiteux ?".
Pour sortir de cette crise, Sylvie aimerait que l'Impôt de Solidarité sur la Fortune soit rétabli, que l'Aide médicale de l'Etat soit supprimée et que les taxes soient gelées. Elle exprime aussi le désir de voir revenir le service militaire et que les loyers soient encadrés en fonction l'état de salubrité du bien loué. Est-ce qu'elle justifie la violence des dernières manifestations ? "Oui si cette dernière attire enfin l'attention...car les taxes sont violentes pour notre niveau de vie".




 

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