Grèves des enseignants - Les parents contraints aussi de s'adapter face aux changements de protocoles : "la situation n'est facile pour personne"

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Écrit par Eline Erzilbengoa
Jeudi 13 janvier, les parents pouvaient déposer leurs enfants dans deux centres de loisirs prévus en guise de service minium par la mairie d'Amiens.
Jeudi 13 janvier, les parents pouvaient déposer leurs enfants dans deux centres de loisirs prévus en guise de service minium par la mairie d'Amiens. © FTV

Jeudi 13 janvier, tous les syndicats enseignants ont appelé à la grève dans les écoles, collèges et lycées pour protester contre les mesures mises en place pour faire face à l'épidémie de Covid-19. Une grève soutenue par la FCPE, première fédération de parents d'élèves en France, pour qui la situation est devenue invivable.

Partout en France, jeudi 13 janvier, de nombreux parents ont dû trouver des solutions pour faire garder leurs enfants. À Amiens, un service minimum a été mis en place avec l'ouverture de deux centres de loisirs. Ici, les parents pouvaient y déposer leurs enfants s'ils avaient été préalablement inscrits en mairie. "Cela me permet d'aller travailler comme d'habitude, donc pour moi, c'est parfait, confie une maman d'élève. Même si je sais que les enfants sont mélangés, j'étais d'ailleurs étonnée qu'un brassage soit fait dans un seul centre. Mais je n'ai pas d'autres solutions, j'ai dû garder ma fille lundi et mardi parce que j'attendais les résultats du test, tout en télétravaillant, ce n'était vraiment pas évident."

S'adapter en permanence, c'est le quotidien des parents, des élèves et du personnel enseignant depuis le début de cette crise. Jeudi 13 janvier, l'ensemble des syndicats enseignants ont appelé à la grève dans les écoles, collèges et lycées. En cause, un protocole sanitaire peu clair et changeant et un manque cruel de moyens pour faire face à une nouvelle vague de cas de Covid. 

Des décalages entre les décisions prises et la réalité

Selon un dernier point effectué par le rectorat d'Amiens, 2 049 élèves et 216 personnels étaient déclarés positifs au Covid, la première semaine de la rentrée en janvier. Conséquence, 148 classes fermées sur l'ensemble de l'académie.

Face à l'augmentation des cas de Covid dus au variant Omicron, il faut jongler avec les protocoles sanitaires, parfois communiqués au dernier moment, et les tests à faire réaliser plusieurs fois aux élèves. 

"Cette situation, ce n'est facile pour personne, ni pour les enseignants, ni pour l'administration, ni pour les parents, confie Michel Deniot, président de la FCPE de l'Oise. Je pense par exemple aux autotests qui sont supposés être gratuits. Il y a toujours un décalage entre les décisions et les documents qui sont mis à disposition des parents. Et après c'est la course pour obtenir des tests, les pharmacies ne sont pas forcément au courant. C'est seulement à partir d'hier que l'ensemble des intervenants ont été prévenus."

"La solution est dans les moyens"

Un exemple parmi tant d'autres, de situations face auxquelles les parents d'élèves doivent faire face chaque jour. Alors que faut-il faire ? "On comprend la situation aujourd'hui, mais on n'est pas prescripteurs. Il n'était pas facile en mars 2020 d'imaginer qu'il y aurait 5 vagues, 6 vagues, avec un Omicron, mais par contre anticiper le renfort de moyens déjà à l'époque c'était possible. La solution est dans les moyens."

Des moyens matériels avec des masques chirurgicaux, des créneaux prioritaires pour les élèves et leur famille ou encore des tests salivaires, comme le souligne Nageate Belahcen, co-présidente de la FCPE au niveau national.

Mais aussi des moyens humains. "Les profs ne sont pas remplacés aujourd'hui, c'est dramatique, déplore le président de la FCPE de l'Oise. On est en train de subir tous la tempête, après il va falloir réparer, et pour réparer, encore une fois, il faut des moyens."

Le distanciel, "cela ne marche pas, c'est évident"

Pour Michel Deniot, la continuité pédagogique en distanciel n'est pas la solution. "Cela ne marche pas, c'est évident. Il a eu beaucoup de mal à se mettre en place et a créé des inégalités quand les écoles étaient fermées. Mettre en place du distanciel pour 7 jours, 10 jours, une journée d'absence, c'est trop compliqué."

Un point de vue partagé par le rectorat. "Les professeurs le disent, quand on a dû mettre en place l'enseignement à distance c'était extrêmement compliqué. Tant qu'on peut maintenir cet enseignement en classe c'est bien notre objectif et on le fait", affirme, le recteur de l'académie d'Amiens Raphaël Muller. 

La mobilisation des enseignants se poursuit sur l'ensemble de la journée avec de nombreux rassemblements sur l'ensemble de la région Hauts-de-France.

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