Hausse des prix de l’énergie et pénurie de matières premières dans le secteur de la métallurgie : "l'impact est énorme"

La hausse des prix de l’énergie impacte non seulement les particuliers, mais aussi les industries. Le secteur de la métallurgie, grand consommateur de gaz et d’électricité accuse le coup, d’autant plus que le prix des matières premières flambe également.

Depuis quelques mois, les factures d’électricité et de gaz explosent chez les particuliers et les industriels. En Europe, les prix de gros du gaz ont augmenté de 300 % depuis le début de l'année. Et ceux de l'électricité ont plus que doublé. Certaines entreprises grosses consommatrices d’énergie sont impactées. C’est notamment le cas dans le secteur de la métallurgie, qui utilise l’énergie pour faire fonctionner les machines, mais aussi comme matière première pour la fabrication d’aluminium, de zinc, ou de PVC.

"On fait de l’usinage, donc on a des machines de tournage, de fraisage. Ce ne sont que des machines qui fonctionnent à l’électrique, donc forcément, la hausse du prix va se répercuter sur nos consommations. On a aussi un local de 4 000 m² qui est chauffé avec du gaz…", explique Rémi Labou, directeur de Lamory & Wald, usine située à Saint-Quentin dans l’Aisne. Son entreprise a heureusement négocié il y a quelques mois un contrat fixant les prix de l’énergie pendant trois ans. "L’impact est moindre, mais il y en a un et on espère une baisse dans les années à venir".

Si les prix actuels ne changent pas dans le futur, on sera obligé de répercuter ces charges supplémentaires sur le prix de vente de nos pièces. Notre consommation se chiffre à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’électricité donc s’il y a une augmentation de 15 à 20 %, c’est quand même assez conséquent et problématique.

Rémi Labou, directeur de Lamory & Wald

Christophe Mallick est directeur de Profilafroid, une usine située à Bailleul-sur-Thérain dans l’Oise spécialisée dans la transformation d’acier en profilés utilisés dans plusieurs secteurs (BTP, automobile etc.). Dans deux mois, son entreprise va devoir renégocier son contrat de gaz, "à la période où c’est vraiment au plus cher".

Aujourd’hui, on dépense 350 000 euros de gaz par an, ça peut doubler. L’impact est énorme. Ça va faire plus que compenser toutes les baisses des impôts de production. Mais on ne peut rien faire, on n’a pas le choix. 

Christophe Mallick, directeur de Profilafroid

Flambée du prix des matières premières

La métallurgie est également frappée par la hausse du prix de l’acier causée par la crise sanitaire. La reprise tardive de la production a causé un retard conséquent dans la livraison des matières premières. "Ça, on ne peut pas faire autrement que de le répercuter sur nos clients. Une tonne, on la payait 500 euros avant, on la paye aujourd’hui 1200 euros et 70 % de notre prix est fait de l’acier, se désole Christophe Mallick, on n’a pas le choix sinon on ne tient pas plus d’un mois".

Même constat pour Rémi Labou : "On ne peut pas y faire grand-chose. Sur de nouvelles affaires, on peut faire nos devis en répercutant la hausse, par contre sur des affaires récurrentes que l’on fait depuis des années, c’est compliqué de négocier avec certains industriels. On espère que ça ne va pas durer très longtemps".

Sur Franceinfo, Nicolas de Warren, président de l’Union des industries utilisatrices d’électricité, expliquait en début de semaine que certaines entreprises françaises avaient déjà stoppé leur production :

Des arrêts d’ateliers sont d’ores et déjà en vigueur (…) Dans la production de zinc en France, une usine a décidé d’arrêter parce qu’elle produit à marge négative. Chaque tonne produite se traduit par une perte supplémentaire.

Nicolas de Warren, président de l’Union des industries utilisatrices d’électricité

Le président de l’Uniden estime que les baisses de production vont s'accentuer, y compris pour "de grandes entreprises", "dans les jours à venir", "dans la filière métal". 

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