Hauts-de-France : 1,2 million d’habitants vivent dans un logement social, selon l’Insee

Pauvre et urbaine, la région se caractérise par la 2e plus forte proportion de logements sociaux parmi les logements occupés, selon une étude publiée par l’Insee.

Une barre d'immeuble HLM à Calais, en 2017.
Une barre d'immeuble HLM à Calais, en 2017. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
"Un logement occupé sur cinq est un logement social", titre l’Insee, dans une publication du mardi 26 mai, fondée sur des chiffres de 2017.

L’Institut détaille le "poids" du logement social dans la région des Hauts-de-France, le compare aux autres régions métropolitaines et détaille certaines particularités, liées à la pauvreté et à l’aménagement du territoire.
 

Le record, ou presque


Avec 21,1% de logements sociaux dans l’ensemble de leurs logements occupés, les Hauts-de-France affichent "la part la plus élevée des régions de province".

En effet, ils se placent seulement derrière l’Île-de-France (24,6%) et juste devant la Normandie (19,1%). Toutes les autres régions sont bien en-dessous, jusqu’à 9,4% pour la Corse.
 


Au total, alors que les Hauts-de-France représentent 11% du parc de logements occupés en province, ils concentrent 16% des logements sociaux.

L’Insee relève enfin que la moitié des locataires des Hauts-de-France louent un logement social, "soit deux fois plus que la moyenne observée en province".
 

Des villes au-delà du minimum légal


Cette situation n’est pas le simple résultat de la loi SRU. Certes, la région est particulièrement urbanisée, avec beaucoup d’agglomérations comprenant des villes de plus de 15 000 habitants, et celles-ci sont obligées par la loi de proposer au minimum 20% de logements sociaux (25% d’ici 2025). 

Mais nos villes vont plus loin. Comparées à celles des autres régions de province, quelle que soit leur taille, nos villes disposent d’une plus forte proportion de logement sociaux. Et plus la ville est grande, plus l’écart s'accroît.

Ainsi, beaucoup disposent déjà d’un parc social plus élevé que le minimum légal : 39% sur le secteur Douai-Lens, 35% à Beauvais comme à Creil, 34,3% à Dunkerque, 30,5% dans le Boulonnais, 28,5% dans l’Amiénois ou encore 25% dans le bassin lillois. 
 
L’Insee rappelle le passé industriel du bassin minier, la construction des corons et autres hébergements, autrefois fournis par les employeurs à leurs ouvriers, désormais réhabilités en logements sociaux. 

"Cet héritage contribue aujourd’hui à faire de la région la première en matière de logement social individuel", note l’institut. Les logements individuels représentent 70% du parc social de Béthune, Douai-Lens et Valenciennes.

 

“Un besoin de la population”


Si tant de logements sociaux sont proposés et occupés, alors qu’ils sont soumis à des conditions de ressources, c’est qu’il y a de la demande. "Avec un niveau de vie médian des habitants inférieur de 5 % à celui de province (19 400 € par an contre 20 300 € en 2017), les besoins de logements sociaux dans la région sont plus importants", rappelle l’Insee.

L’institut détaille : "Dans la région comme ailleurs, les ménages occupant un logement social ont un niveau de vie médian nettement inférieur (14 400 € par an) à celui des propriétaires (22 400 €) ou des locataires du secteur libre (17 100 €)."

Dernière particularité de la région : 200 000 personnes vivent seules dans leur logement social, soit 38% des occupants, contre 32% en moyenne en province. "Il s’agit majoritairement de femmes (62 % contre 60 % en province), précise l’Insee, surtout dans le bassin minier où elles représentent deux personnes isolées sur trois (contre 59 % dans l’unité urbaine de Lille)."

Comme ailleurs en France, ce sont les habitants des Quartiers prioritaires de la ville (QPV), définis par le Ministère de la Ville, qui ont le plus besoin de logements sociaux. Dans la région, 72% d'entre eux occupent des logements à loyer modéré, et même 81% dans les QPV du Pas-de-Calais et 90% dans ceux de la Somme.
 
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