Les hippodromes d’Amiens, Chantilly et Compiègne devront finalement transférer ou reporter les courses

C'est la déception pour les hippodromes d'Amiens, Chantilly et Compiègne. Une semaine après avoir obtenu l'autorisation de reprendre les courses hippiques, les sociétés-mères ont appris ce mardi 19 mai qu'un décret allait autoriser l'activité exclusivement dans les départements situés en zone verte.

Les jockeys courent masqués sur l'hippodrome de Chantilly, dans l'Oise.
Les jockeys courent masqués sur l'hippodrome de Chantilly, dans l'Oise. © Scoop Dyga
La nouvelle est tombée ce mardi 19 mai, à la surprise de toute la filière hippique. Les hippodromes situés en zone rouge ne pourront finalemnt pas rouvrir, comme prévu initialement. "On est dans l’incompréhension la plus totale, déclare Corinne Soyer, secrétaire générale de l'hippodrome de Compiègne. Tous les hippodromes qui ont rouvert en zone rouge ont joué le jeu. Il n’y a pas eu de retour de l’État comme quoi il y avait eu des problèmes, donc on est vraiment tombés des nues quand on a appris ça."
 
Un nouveau décret gouvernemental prévoit de limiter la reprise des courses hippiques aux départements situés en zone verte, alors que tous les hippodromes de France avaient obtenu l'autorisation de reprendre les courses le 11 mai dernier, à huis clos. Les hippodromes de Compiègne, Chantilly et Amiens sont donc dans l'obligation de revoir leur planning.
  

"C'est un coup de massue"

Le président de l'hippodrome d'Amiens est particulièrement déçu. La reprise des courses s'était faite sous certaines conditions et à huis clos. Pas de public sur le site et seules deux personnes, le lad et l'entraîneur, avaient l'autorisation d'entrer pour accompagner le jockey et son cheval. Sur place, le port du masque était obligatoire pour tout le monde, y compris pour les jockeys pendant la course. De la prise de température au respect des distances, le dispositif était régulièrement contrôlé par les autorités afin que tout soit bien en règle.

"Ce qui est déplorable, c'est qu’on avait fait le maximum, affirme Philippe Levasseur. On a respecté strictement les consignes. L’affluence est également très limitée. Les gens ne font que passer, il n'y a pas de public et il n’y a pas plus de cent personnes ensemble sur l’hippodrome."

Consternation aussi pour Fabrice Fin, directeur technique. La prochaine course était prévue le 9 juin. Désormais, il doit prévenir tous les vacataires. "C'est un coup de massue qui nous tombe sur la tête. Ce qui est bizarre, c'est que les entraîneurs du Nord qui sont en rouge peuvent aller courir en Bretagne", remarque-t-il.
 

Des risques économiques

Si le président de l'hippodrome d'Amiens dit se plier à l'intérêt général, il n'en est pas moins inquiet quant à l'avenir de la profession : "C'est démotivant et dangereux économiquement. On a fait revenir le personnel il y a une semaine. On ne peut pas se permettre de les remettre en chômage technique. Certaines réunions ne sont même pas reportées et les réunions ordinaires régionales, elles, sont annulées. Or, on touchait quand même une subvention. Cela porte un préjudice économique à la société des courses qui se chiffre entre 12 000 et 15 000 euros de perte. Toutes ces choses étaient prévues au budget. Ce sont des recettes dont on ne disposera pas et avec des charges constantes puisqu'il faut entretenir le site".

En attendant, l'hippodrome doit malgré tout se préparer pour la course prévue le 10 juin. En effet, la région Hauts-de-France pourrait passer en zone verte d'ici-là. "Il y a toute la filière du cheval qui concentre des emplois, des obligations et que l’on met en difficulté de façon récurrente" ajoute Philippe Levasseur. 
 

Réaménagement du calendrier de mai et juin

Si l'annonce a aussi été une surprise pour les sociétés-mères, elles veulent rester positives : "Pour le moment, l’autorisation est retirée pour les hippodromes situés en zone rouge, mais on garde quand même les autorisations sur les zones vertes, ce qui est déjà un vrai plus pour nous" explique Helena Dupuy, attachée de presse de France Galop.

La plupart des courses des grands hippodromes comme celui de Paris-Longchamp ou Chantilly ont déjà été reportées. Pour Trot comme pour France Galop, changer d'hippodromes au dernier moment n'est pas nouveau. "Il faut savoir que toute l’année en temps normal, on est habitués à faire des changements de dernière minute. C'est le cas pour des problèmes météotéorologiques, comme un hippodrome inondé" précise Helena Dupuy.

Les organisateurs appliqueront donc les nouvelles directives dès le jeudi 21 mai et travaillent sur des plans de réaménagement du calendrier des courses au trot et au galop de mai et de juin. Dans les Hauts-de-France, la réunion de Compiègne (obstacle), prévue le vendredi 22 mai, sera transférée à Dieppe.
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