Une marche pour Fabrice, éducateur, qui s'est suicidé jeudi. "A cause des conditions de travail" disent ses collègues.
"Souffrance au travail, Fabrice, ta mort ne sera pas impunie" peut-on lire sur la banderole en tête de cette marche blanche pour un salarié de l'Association d'action éducative et sociale (AAE), qui approchait la quarantaine, retrouvé pendu sous un pont à Dunkerque. Environ 500 personnes ont participé à cette marche.
Selon Philippe Toulouse, délégué CGT à l'AAE, ce suicide est "lié à de mauvaises conditions de travail".
Les quelque 300 salariés de l'association ont exercé leur "droit de retrait
collectif" jeudi pour "dénoncer des conditions de travail exécrables qui en arrivent à des drames comme aujourd'hui" et "en soutien à la famille" du défunt, a expliqué Philippe Toulouse.
Selon le responsable syndical, l'éducateur avait, lors d'une violente altercation dans laquelle il a eu "deux côtes cassées", répliqué physiquement à un jeune en
difficulté.
Dunkerque : marche silencieuse pour Fabrice par France3Nord-Pas-de-Calais
La direction de l'association avait dans un premier temps engagé une procédure de licenciement à l'encontre de l'éducateur, avant de faire "marche arrière", selon M. Toulouse. Les dirigeants de l'AAE voulaient le muter dans un service situé à plus de 30 kilomètres de chez lui et lui infliger un avertissement, a-t-il affirmé.
"Il a culpabilisé parce qu'on lui disait qu'il ne savait pas faire son travail, parce qu'on lui mettait des pressions énormes", a dénoncé M. Toulouse, ajoutant que l'éducateur "avait signalé quelques jours jours auparavant que ça n'allait pas et qu'il allait probablement faire quelque chose".
Le salarié avait une femme et un enfant de 18 mois.Selon le syndicaliste, un droit d'alerte avait été déposé "du fait le la montée des agressions des jeunes sur les éducateurs" et du fait de "pressions importantes", liées à une réorganisation des "pôles de l'association" entamée il y a un peu plus d'un an. Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) avait demandé à ce sujet une expertise, qui avait été contestée par l'employeur.
Le président de l'Association d'action éducative et sociale (AAE) de Dunkerque a estimé vendredi qu'il n'y avait pas d'"autisme" de la part de la direction.
"Le directeur général de l'association passe depuis maintenant plusieurs semaines son temps à rencontrer les salariés de l'association sur leurs postes de travail pour les écouter, pour voir avec eux quels sont leurs problèmes", a affirmé Daniel Lemang, président de l'AAE et adjoint PS au maire de Dunkerque.
"Je n'ai pas l'impression qu'il y a de l'autisme, j'ai l'impression qu'il y a quand même de la part du siège une recherche d'un plus grand contact", a-t-il ajouté, reconnaissant qu' "on ne fait jamais assez de communication".
"Ce qui s'est passé est affreux, absolument horrible", a ajouté M. Lemang.
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