Des initiatives pour lutter contre les déserts médicaux en Picardie

Publié le Mis à jour le
Écrit par Halima .

Télémédecine, maisons de santé, annonces sur Internet via des plateformes de médecins ou sur le Bon Coin, tout est tenté pour essayer de lutter contre les déserts médicaux dans les départements picards. 

Quelles sont les solutions pour lutter contre les inégalités d'accès aux soins en Picardie ? Aujourd'hui, les zones rurales en Picardie comptent 20 % de généralistes en moins que la moyenne française.

 Et pourtant, les initiatives ne manquent pas, qu'elles émanent des élus locaux, ou des particuliers. Voici quelques exemples :

La télémédecine une solution au désert médical   

Même si, elle reste trop peu utilisée et encore méconnue du grand public, certaines communes comme à Laigneville dans l'Oise mise sur la télémédecine pour leurs habitants. D'ailleurs pour inciter les jeunes médecins à s'engager dans cette voie, la faculté de médecine de l’université Picardie Jules-Verne a créé en 2012 une unité d’enseignement télémédecine dédiée aux étudiants en médecine dès la deuxième année d’études. Dans le département de l'Oise toujours, l'hôpital de proximité de Chaumont-en-Vexin utilise la télémédecine depuis plusieurs années, les patients ont ainsi des consultations avec des spécialistes qui ne sont pas installés en zone rurale. Dans l'Aisne, l’Ehpad de Seboncourt va lui aussi recourir à la télémédecine pour ses résidents à partir de cette année.  

Des maisons ou centres de santé pour répondre aux besoins des zones rurales et urbaines 

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a fait du développement des maisons de santé l'une des priorités pour lutter contre la désertification médicale. Dans les trois départements de la Picardie, ce remède est suivi par des communautés de communes et des maires, comme à Coucy dans l'Aisne qui a eu le premier centre de santé axonais avec un médecin salarié qui vient de Croatie et des spécialistes ainsi que des professionnels de santé qui vont tenir des permanences pour renforcer l'offre de cette maison de santé.



Dans l'Oise, la première maison médicale a vu le jour en 2004. À Verberie dans l'Oise, c'est à l'initiative d'un chef d'entreprise de maçonnerie qu'une maison médicale de huit cabinets a vue le jour en 2018, dans un local désaffecté. Il a contribué à hauteur de 400 000 euros pour réhabiliter le lieu en maison de santé. Aujourd'hui, on compte huit en activité. Il y a quelques mois, nous vous avons raconté l'histoire d'une Isarienne qui avait fait un legs de 700 euros à Coye-la-Forêt pour la construction d'une maison de santé. 

Des maires prêts à tout pour attirer les praticiens

Les maires n'hésitent plus à employer les grands moyens pour trouver un médecin pour leur commune. Certes sans aller aussi loin que le maire d'une municipalité du sud de la France qui offrait en plus d'un appartement de fonction en plein centre-ville, une table dans un restaurant étoilé payés chaque mois, ainsi que des escapes en bateau. En Picardie, les maires se contentent et c'est déjà beaucoup de proposer un logement gratuit et un gros salaire pour attirer les jeunes médecins ou les médecins étrangers dans leur commune. 

Cède gratuitement un cabinet une annonce sur le Bon Coin

La plateforme de mise en ligne gratuite d'annonces qui met en relation des particuliers entre eux est de plus en plus utilisé par les médecins et les maires pour trouver des remplaçants. Comme par là la Ferté-Milon dans l'Aisne. L'an dernier un médecin qui partait en retraite proposer de céder gratuitement sa patientèle. Dans d'autres régions de France, des offres similaires figurent sur le Bon Coin.   

Les 3.200 habitants de la commune d'Agnetz dans l'Oise perdent leur unique médecin généraliste en juillet 2019. Le maire a donc décidé de lancer un SOS en publiant une offre d'emploi sur le site Le Bon Coin, mais depuis deux mois aucun candidat ne s'est présenté et la commune risque de perdre son unique médecin.  

Un bus médical

En 2010 dans le département de l'Oise, la Mutualité de Picardie en partenariat avec l'ARS et la Sécurité sociale avait mis en place un bus santé itinérant. Une expérimentation qui devait permettre aux petites communes de bénéficier ainsi de praticiens. Mais le conseil départemental de l'ordre des médecins avait mis son veto arrêtant ce bus aménagé en cabinet médical.    
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