Journée internationale des droits des femmes : les chiffres des inégalités au travail dans les Hauts-de-France

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, l’Insee a partagé un panel de chiffres pour évaluer la parité dans les Hauts-de-France. Ils soulignent la persistance d’une situation défavorable aux femmes dans le milieu du travail.

Souvent plus diplômées, les femmes se voient offrir des emplois plus précaires que leurs homologues masculins, selon une étude de l'Insee Hauts-de-France.
Souvent plus diplômées, les femmes se voient offrir des emplois plus précaires que leurs homologues masculins, selon une étude de l'Insee Hauts-de-France. © FTV

Alors que plusieurs milliers de militantes se sont mobilisées à travers l’Hexagone, en ce lundi 8 mars, pour célébrer cette journée de lutte pour les droits des femmes, l’Insee a dévoilé un panel de chiffres clés pour comprendre la situation des femmes dans les Hauts-de-France. L'étude s'appuie sur des chiffres de 2017 et 2019. Sans surprise, le monde du travail reste un secteur inégalitaire et défavorable aux femmes.

Des difficultés supérieures d’accès à l’emploi

L’étude, menée par l’Institut national de la statistique et des études économiques, révèle des disparités dans l’accès à l’emploi. Le taux d’emploi des femmes est de 70,7 % contre 80,5% pour les hommes. C'est dans le Pas-de-Calais que les inégalités sont les plus grandes avec un écart de 12,1 point.

Le taux de chômage des femmes est également plus élevé sur l'ensemble de la région avec un écart de 1,5 point.

Des emplois plus précaires

Surtout, lorsqu’elles décrochent enfin un emploi, les femmes sont plus familières des emplois précaires. Elles perçoivent un salaire horaire moins élevé que leurs homologues masculins (12,3 € contre 14,4 €).

Outre le fait qu’elles travaillent plus souvent à temps partiel (27 % contre 5 %), elles sont moins nombreuses parmi les cadres et les professions intellectuelles supérieures. Il est important de noter, qu'à statut égal, elles sont aussi moins bien rémunérées.

Je ne sais pas si ce sont les femmes qui pêchent en modestie ou les hommes qui se surestiment. Sur les entretiens d’embauche lorsqu'ils exposent leurs prétentions salariales, on voit que la femme a tendance à se sous-estimer de 25% alors que l'homme va plutôt se surestimer de 25%. Par la suite, le chef d'entreprise peut plus facilement se dire que la femme "ne vaut que ça" et que l'homme "en a sous le pied". Après, bien sûr que le plafond de verre existe, le sexisme aussi. Quand j'ai porté ma candidature pour devenir présidente de la CCI l'un de mes adversaires a dit devant l'assemblée "Oh la la, elle va aller chercher ses enfants à 16h30".

Fany Ruin, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie Amiens-Picardie et du club DIANE (club d’entraide de femmes dirigeantes d’entreprises), invitée du journal télévisé lundi 8 mars

Des femmes pourtant plus diplômées

Des inégalités d’autant plus difficiles à justifier que leur parcours est plus souvent auréolé d’un diplôme de l’enseignement supérieur que celui des hommes. 24,9% d’entre elles ont obtenu le carton officiel contre 24% d’hommes. Des résultats dans la continuité de ceux que l’on peut observer quelques années auparavant sur les bancs du lycée. En plus d’être plus nombreuses à être scolarisées, les femmes réussissent mieux au bac (89,1% de réussite contre 84,5, selon les chiffres de 2019).

Le bon point pour l’Oise

Cette spécificité s’explique en partie par la proximité de ce département avec l’Île-de-France où les salaires sont plus élevés du fait de la nature des métiers offerts. En dehors de l’Oise, la situation est moins favorable alors même que les femmes sont plus diplômées que leurs homologues masculins.

Insee Hauts-de-France

Un département tire en effet son épingle du jeu. Les femmes y sont plus souvent en emploi (75%) et surtout perçoivent un salaire supérieur à la moyenne régionale de 13,2€. Si leur situation est la plus enviable des femmes des Hauts-de-France, elles demeurent tout de même moins bien logées que leurs homologues masculins.

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