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L'académicien et écrivain lillois Alain Decaux est mort

L'académicien Alain Decaux est décédé ce dimanche à l'âge de 90 ans. Né à Lille, l'écrivain nordiste a popularisé l'histoire à la télévision et à la radio. 
Alain Decaux et son épouse en octobre 2014.
Alain Decaux et son épouse en octobre 2014. © MaxPPP
Sa voix et sa gestuelle à la télévision avaient le bonheur des imitateurs, Guy Montagné en tête. L'académicien Alain Decaux est mort ce dimanche à l'âge de 90 ans, à l'Hôpital Georges-Pompidou, à Paris, a annoncé son épouse, Micheline Pelletier-Decaux.

Né à Lille le 23 juillet 1925, ce fils d'avocat a grandi à Wattignies et étudié au lycée Faidherbe, avant de partir pour la capitale où il suivit des études à la Sorbonne, "sans le moindre souci d'obtenir un diplôme". C'est la lecture des aventures du comte de Monte-Cristo qui lui a donné le goût pour l'histoire. "Je ne saurai jamais si Monte-Cristo m'a sauvé la vie, mais je lui dois ma passion pour l'histoire", disait-il, après s'être battu, avec succès, pour l'admission de la dépouille d'Alexandre Dumas au Panthéon.


Alain Decaux publie sa première biographie en 1946, consacrée à Louis XVII, le second fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, mort pendant la Révolution Française, sans avoir régné. Une soixantaine d'ouvrages suivront parmi lesquels Letizia. Napoléon et sa mère (1949), récompensé par l'Académie Française, où il sera admis en 1979. Biographe de Dumas ou Hugo, il écrit des livres aux titres simples, mais efficaces: Les grands mystères du passéGrands secrets, grandes énigmes ou Grandes aventures de l'histoire. Il a signé aussi des sommes comme C'était le XXe siècle, en quatre volumes, une Histoire des Françaises en deux tomes. Sa recherche de la spiritualité l'amène à écrire pour les enfants des ouvrages comme La Bible racontée aux enfants. Avec l'homme de théâtre Robert Hossein, il a monté des fresques autour de figures comme Danton, Robespierre, Marie-Antoinette, Bonaparte ou de Gaulle.

La voix de l'Histoire à la radio et la télévision

En 1951, il crée à la radio l'émission "La Tribune de l'Histoire", avec Alain Castelot (décédé en 2004), qui sera diffusée sur France Inter jusqu'en 1997, puis en 1957, la célèbre "Caméra explore le temps" à la télévision.

On se souvient aussi d'"Alain Decaux raconte" diffusé sur Antenne 2 entre 1969 et 1981. "Dans la télévision de cette époque, les émissions culturelles occupaient 30% du temps d'antenne et passionnaient le public", dira-t-il dans les années 2000.

Ce formidable conteur était en quelque sorte l'ancêtre des Stéphane Bern et autres Franck Ferrand qui incarnent aujourd'hui l'histoire sur le petit écran. 
Guy Montagne

Alain Decaux avait aussi été ministre de la Francophonie du gouvernement de Michel Rocard entre 1988 et 1991. Il racontera cette expérience dans un récit désenchanté, Le Tapis rouge : "Je me faisais des illusions sur le rôle des ministres. Pendant des années, j'avais écrit dans mes livres : le ministre décide. Depuis, j'écris : le ministre souhaite...". "Vous faites partie du paysage français", lui avait dit le président de la République François Mitterrand en 1991, en lui remettant les insignes de commandeur de la Légion d'honneur. L'écrivain François Mauriac avait, en son temps, salué "un conteur comme il n'y en a plus. Il sait de quoi il parle, il est informé de tout ce qui concerne son sujet mais il garde le ton de l'enfance: "Il y avait une fois..."".

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