La justice prononce la liquidation d'Office Dépot, 963 salariés licenciés : "c'est 50 ans d'histoire rayés de la carte"

Le tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation de l'entreprise Office Dépot mardi 28 septembre. Si l'offre de reprise de la coopérative Alkor a déjà été retenue, elle ne prévoit pas de reprendre l'ensemble des salariés, dont 963 ont été licenciés en juillet dernier.

Après des mois de bataille judiciaire, les salariés d'Office Dépot auraient préféré un autre dénouement. Mardi 28 septembre, le tribunal de commerce de Lille a prononcé la liquidation judiciaire de l'entreprise, dont le siège se situe à Senlis dans l'Oise. "On est dépités. C'est une entreprise qui a plus de 50 ans d'histoire et qui se retrouve rayée de la carte", réagit Sébastien Fournier, secrétaire général UNSA d'Office Dépot France.

En juin dernier, c'est finalement la coopérative Alkor qui est choisie pour reprendre l'entreprise spécialisée en fournitures de bureau, placée en redressement judiciaire le 5 février 2021. Un choix incompréhensible pour les salariés, puisque parmi les offres déposées devant le tribunal de commerce de Lille, celle d'Alkor ne permet pas de garantir l'emploi du maximum de salariés. 

À peine le tiers de salariés repris

Sur près de 1500, elle s'engageait à en reprendre 460, proposant également 370 postes supplémentaires en interne via une bourse à l'emploi. 50 magasins étaient ainsi repris sur les 60 implantés en France. 

Insuffisant pour les salariés, qui dénonçaient "un carnage social", alors que 963 salariés étaient licenciés. Ils avaient donc décidé d'attaquer la décision du tribunal en nullité pour "excès de pouvoir" mais leur recours avait été rejeté par la cour d'appel du Nord le 9 juillet dernier.

La bataille judiciaire n'est pas finie

Encore aujourd'hui, ils estiment que la situation est "d'une violence extrême". "Le gouvernement nous a abandonnés, malgré nos alertes et nos demandes d'interventions de Bruno Le Maire, indique Sébastien Fournier. Une plainte pour abus sociaux avait été déposée par le CCE en début d'année 2019." En effet, cela fait deux ans déjà, que les salariés dénonçaient la mauvaise gestion "provoquée volontairement" par l'actionnaire allemand Aurelius qui avait repris l'entreprise en 2017. Un fonds d'investissement qualifié de "fonds vautour", qui "aura frappé une nouvelle fois en toute impunité", selon eux.

Mais la bataille judiciaire n'est pas terminée. Le CSE compte mener une action auprès du tribunal judiciaire afin de faire reconnaître la responsabilité d'Aurelius. À ce titre, une association a été créée pour que les anciens salariés d'Office Dépot qui le souhaitent puissent demander réparation du préjudice subi après leur licenciement.

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