La polémique du « burkini » n’atteint pas les plages picardes

© France 3 Picardie
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Plusieurs villes en France ont pris la décision par arrêté d’interdire cette tenue de plage recouvrant le corps et la tête des femmes. La polémique autour du « burkini » continue d’enfler. Qu’en est-il en Picardie ?

Par IT

Cannes est la première cet été à s’y être opposée, dans la foulée le maire du Touquet a lui aussi déclaré qu’il prendrait un arrêté interdisant le « burkini » tout en admettant qu’il n’a pas été « confronté à ce problème ». En plein controverse, le premier ministre Manuel Valls a annoncé dans un entretien mercredi à La Provence "comprendre" et "soutenir" les maires ayant pris des arrêtés pour interdire le port du "burkini", "pas compatible avec les valeurs de la France et de la République", tout en refusant de légiférer en la matière.

La presse étrangère a fait part de sa consternation face au débat, comme le New York Time qui  ironise en première page « La France désigne la nouvelle menace à sa sécurité : le burkini ».

En Picardie, entre incompréhension et réflexion

En Picardie cette incompréhension est partagée par la maire du Crotoy, qui ne souhaite pas s’exprimer sur cette « polémique ». Jeanine Bourgau dénonce l’intérêt porté par la presse autour de sujets « qui risquent d’apporter de l’animosité ».

« Sujet brulant »

Même son de cloche dans la commune de Ault. « On n’en parle trop, ce sont des sujets brulants, qui montent en épingle », réagi Marthe Sueur, la maire de cette ville située en bord de mer. L’élue ajoute qu’elle n’est pas « confrontée à ce problème ». « Si ça arrivait je réfléchirais avec mon conseil municipal », précise-t-elle.

Pas d’interdiction cette année

Un arrêté contre le « burkini », le maire de Fort-Mahon ville touristique de la côte picarde reconnaît qu’il y a pensé : « C’est un arrêté qui peut être pris. Pas cette année, mais ça peut se discuter en période hivernale pour être mis en application l’été prochain ». Une discussion qui se fera là aussi avec le conseil municipal au grand complet, et même « après concertation avec les services de l’Etat ».

Pour des petites communes, il peut s'avérer compliqué d'appliquer ce type d’arrêté. La police municipale et la gendarmerie sont déjà très sollicitées. « Nous avons un arrêté interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique, un autre arrêté demande que les baigneurs ne se promènent pas en ville vêtus d’un maillot de bain, et c’est déjà très difficile à faire respecter », explique Alain Baillet. « Il ne faudrait pas non plus que cela fasse monter des tensions supplémentaires », poursuit le maire qui apprécierait pouvoir discuter du sujet « burkini » avec d’autres élus.

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