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La réunion de l'UOIF à Lille se tiendra sans trois orateurs musulmans contestés

Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille et président de l'UOIF. / © MAXPPP
Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille et président de l'UOIF. / © MAXPPP

Face à la polémique et après les avertissements de Bernard Cazeneuve, les organisateurs d'une rencontre prévue dimanche à Lille par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) ont déprogrammé trois orateurs étrangers dont la présence annoncée avait été vivement contestée.

Par avec AFP

Le Syrien Mohamed Rateb Al-Nabulsi, le Marocain Abouzaïd Al-Mokri et le Saoudien Abdallah Salah Sana'an "sont déprogrammés en réponse à la polémique et dans un souci d'apaisement", déclaré mardi le président de l'UOIF, Amar Lasfar.

Un peu plus tôt, le ministre de l'Intérieur avait promis "une totale vigilance" sur les propos qu'auraient tenus les intervenants de la rencontre organisée par l'UOIF, réputée proche des Frères musulmans. "Tout propos tombant sous le coup de la loi donnera lieu à des poursuites immédiates et fera l'objet des sanctions appropriées. Chacun doit se tenir au strict respect des principes de droit et des principes républicains. L'Etat y veillera", avait assuré Bernard Cazeneuve.

Plusieurs personnalités politiques à droite et à gauche, dont Nicolas Dupont-Aignan (DLF) et Laurence Marchand-Taillade (PRG), s'étaient indignées de l'invitation d'orateurs prêchant selon eux la "haine" à cette réunion. Le Front national avait pour sa part demandé dans un communiqué une "interdiction
d'entrée sur le territoire national pour les trois prédicateurs syrien, marocain et saoudien invités à Lille
" et "l'interdiction de ce rassemblement dans un contexte sensible", rappelant en outre son voeu d'une "dissolution de l'UOIF".


"Censure préalable"

"Nous sommes très vigilants quant à tout discours qui se tient dans la manifestation, mais je ne peux pas me livrer à une censure préalable", avait déclaré lundi le président de l'UOIF, Amar Lasfar, estimant qu'il revenait à la police de "faire son travail si elle estime qu'untel ou untel pose problème à la République".

La Ligue islamique du nord, l'antenne locale de l'UOIF, a confirmé dans un communiqué avoir "déprogrammé" les trois orateurs, "soucieuse de préserver la sérénité et pour mettre fin à la polémique injustifiée autour de certains invités". Elle dénonce en outre "le procès d'intention qui est fait à l'encontre de cette manifestation avec des manoeuvres peu scrupuleuses et peu démocrates de certains".

Parmi les intervenants annoncés figurent le sociologue Raphaël Liogier et l'islamologue réformateur Ghaleb Bencheikh. Sollicité par les organisateurs de cette rencontre à laquelle il a participé à plusieurs reprises par le passé, l'universitaire lillois Pierre Mathiot, nouveau délégué ministériel au parcours d'excellence auprès de Najat Vallaud-Belkacem, a cette fois décliné l'invitation, avait-il indiqué à l'AFP.

L'islamologue suisse controversé Tariq Ramadan sera présent. 

L'UOIF, qui fédère 250 associations, défend la place d'un islam visible et plutôt conservateur dans la société, conformément aux orientations de la plupart des organisations gravitant dans la mouvance "frériste".

Samedi, à la veille de la 9e Réunion annuelle des musulmans du Nord à Lille Grand Palais, l'UOIF tiendra son colloque annuel au Palais des congrès de Paris autour du thème "crises : quelles alternatives face aux peurs ? - culture, identité, laïcité". Parmi les intervenants annoncés figurent le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech et l'imam de Bordeaux Tareq Oubrou, visage libéral de l'UOIF.

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