Le Cambrésien Michael Chauwin fait partie des trois soldats français tués au Mali

Michael Chauwin, 20 ans, venait d'être promu brigadier le 1er avril dernier. / © Armée de Terre
Michael Chauwin, 20 ans, venait d'être promu brigadier le 1er avril dernier. / © Armée de Terre

Le brigadier Michael Chauwin, 20 ans, natif de Cambrai, fait partie des trois soldats français tués au Mali par l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule blindé.

Par @f3nord (avec AFP)

Michael Chauwin aurait dû souffler ses 21 bougies le 9 juin prochain. Le jeune brigadier, natif de Cambrai, s'était engagé dans l'armée de Terre, il y a seulement deux ans, rappelle le Ministère de la Défense sur son site. Mardi matin, vers 9h20, il circulait à bord d'un véhicule blindé de la force "Barkhane", en direction de Tessalit, au nord du Mali, quand une mine a explosé sur son passage

L’explosion le blesse grièvement ainsi que deux autres de ses camarades et en tue un autre sur le coup, le 1ère classe Mickaël Poo-Sing, âgé de 19 ans, originaire du Mans. Les trois militaires blessés ont immédiatement été secourus par les équipes médicales de la force et transportés à Gao. Malgré les soins prodigués, Michael Chauwin est décédé mardi dans la soirée. Le maréchal-des-logis Damien Noblet, 31 ans et natif de Marseille, n'a pas survécu lui non plus à ses blessures.

"Grand dynamisme et comportement exemplaire"

Michael Chauwin avait rejoint l'armée de Terre le 4 février 2014 en tant qu’engagé volontaire au titre du 511e régiment du train pour une durée de 3 ans. De février à mai 2014, il avait suivi la formation initiale d’agent de circulation routière où il s'était distingué par ses très bons résultats et son sérieux. Il avait rejoint l’escadron de circulation routière du 511e régiment du train le 2 juin 2014 et avait été élevé à la distinction de conducteur de 1ère classe le 1er septembre 2014. Il avait obtenu le certificat technique élémentaire de la spécialité appui-mouvement le 12 juin 2015. Engagé dans l’opération "Sentinelle" (déployée pour protéger les points sensibles du territoire français) en janvier et février 2015, puis au sein du groupement de circulation routière en appui du défilé du 14 juillet 2015 à Paris, il faisait preuve "à chaque fois d’un grand dynamisme et d’un comportement exemplaire", souligne le Ministère de la Défense. Il avait rejoint le Mali avec son régiment en janvier 2016, au sein du bataillon logistique de l’opération "Barkhane" en qualité d’agent de circulation en peloton d’escorte de convoi. Il venait d'être promu au grade de brigadier le 1er avril 2016.

"Je souhaite rendre hommage à nos trois soldats dont la valeur, la motivation et le dévouement étaient reconnus de tous. Ils accomplissaient une mission essentielle dans la lutte globale que notre pays mène contre le terrorisme au Sahel", a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Un hommage national leur sera rendu la semaine prochaine en présence du président de la République, François Hollande. Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes qui ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée à l'initiative de la France en janvier 2013 et qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, impliquant des troupes de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma, déployée depuis juillet 2013). La force de la Minusma compte près de 11 700 militaires et policiers, selon les effectifs à la mi-décembre 2015. La force française "Barkhane" mobilise quant à elle 3 500 hommes déployés dans cinq pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Sept militaires français ont été tués depuis le lancement de cette opération, qui a succédé le 1er août 2014 à l'opération Serval (juillet 2013 - juillet 2014), au cours de laquelle dix soldats avaient été tués.

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