Le CHRU de Lille filme-t-il ses agents à leur insu ? La polémique en 3 actes

Le CHR de Lille espionne-t-il ses salariés illégalement ses agents à leur insu ? C'est la question que le syndicat FO Santé a posé au détour d'une affaire de vol concernant un agent. Le CHR a opposé un dementi formel.

Il y avait bien une caméra dans le bureau. Mais elle n'a pas été installée par le CHRU.
Il y avait bien une caméra dans le bureau. Mais elle n'a pas été installée par le CHRU. © MAXPPP

1. Un salarié soupçonné de vol

Début avril, un salarié du CHRU de Lille est convoqué à un conseil de discipline. Il est soupçonné d'avoir volé dans un bureau (situé dans une structure extérieure et indépendante selon le CHRU). Des images vidéo en attesteraient. Syndiqué à FO, le salarié alerte les élus de son syndicat qui demandent des précisions à la direction. Réponse : les poursuites sont finalement abandonnées. 

2. La Voix du Nord publie un article sur ces faits

Dans l'article, une élue FO s'étonne de la présence possible de caméras comme semble l'indiquer le courrier de convocation à la commission de discipline envoyé au salarié. « Je ne savais pas qu’il y avait des webcams qui filmaient les agents à leur insu», explique-t-elle dans l'article publié ce 4 mai. Et elle ajoute : « Je suis convaincue que des caméras ont été illégalement installées un peu partout et qu’on ne nous le dit pas. » Selon elle, c'est ce qui explique que les poursuites à l'égard du salarié ont été abandonnées. L'article précise que la direction des ressources humaines, contactée, n'a pas donné suite, ni souhaité commenter les faits.

3. Le CHRU publie un démenti

"Le CHRU de Lille conteste catégoriquement l’ensemble des informations publiées dans un article de la Voix du Nord du 4 mai". Ce mercredi en fin de journée, un communiqué est publié. Le CHRU y affirme que les caméras installées font toutes l'objet d'une autorisation et ne sont pas là pour "espionner" les salariés. Il indique également qu'il ne filme donc pas les salariés à leur insu mais reconnaît qu'une caméra était bien présente dans le bureau. "Le dispositif de caméra qui aurait été installé n’émane pas du CHRU : il n’a fait l’objet d’aucune déclaration officielle et résulterait d’une initiative individuelle par une personne extérieure à l’établissement.

Plus loin, l'hôpital public affirme envisager une plainte en diffamation et indique : "Le CHRU de Lille dément formellement toutes les informations indiquées dans l’article de la Voix du Nord et rappelle que l’agent en question n’a fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire. En effet, les images enregistrées de façon non autorisée ne constituent pas une preuve recevable." Par cette phrase, le CHRU reconnaît implicitement que le courrier envoyé dans un premier temps au salarié faisant allusion aux images enregistrées du vol présumé n'était pas recevable. 

Fin de la polémique ?

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