Transparent offensivement et calamiteux dans le secteur défensif, le Losc a pris une leçon samedi soir au stade Pierre Mauroy face au leader du championnat de Ligue1, Monaco. Résultat : quatre buts encaissés pour un marqué, et une lointaine 15e place au classement.

Il ne fallait pas arriver en retard au stade Pierre-Mauroy puisque Monaco ouvrait le score dès la deuxième minute sur un coup franc consécutif à une faute d'Amadou sur Silva devant l'entrée de la surface de réparation.
Sidibé, qui revenait dans le Nord trois mois après avoir signé pour l'ASM, crucifiait Enyeama en envoyant sa frappe brossée dans la lucarne du portier nigérian (0-1, 2).
Alors qu'ils tentaient timidement de réagir, les Nordistes étaient assommés par le deuxième but monégasque. Après un bon débordement côté droit, Dirar voyait son centre-tir dévié par Enyeama, mais Traoré, encore un ancien Dogue, reprenait au second poteau (0-2, 17).

Les deux premiers buts inscrits par deux anciens Lillois

Tandis que Lille n'arrivait pas à mettre un pied devant l'autre, Monaco se contentait de contrôler tranquillement. Juste après le retour des vestiaires, Fabinho creusait l'écart d'une superbe reprise de volée qui terminait dans la lucarne avec l'aide de la transversale d'Enyeama (0-3, 48). Puis c'est Glik qui corsait l'addition de la tête à vingt minutes de la fin (0-4, 71).
Peu avant, Falcao s'était joint à la fête pour disputer ses premières minutes de la saison en championnat.
Le Losc, trop timoré hormis sur quelques séquences de jeu, a cruellement manqué de tranchant et aussi de réussite, à l'image de Sankharé, qui trouvait la transversale sur une volée (33) et voyait sa tête sauvée sur la ligne par Jemerson (62).
Il faudra attendre le temps additionnel pour que Palmieri sauve l'honneur lillois d'une belle reprise de volée (90+1).

Un début de championnat poussif pour les Lillois

Lille a confirmé les inquiétudes nées de son début de championnat poussif et de son élimination au 3e tour préliminaire de l'Europa League face aux modestes Azerbaïdjanais de Qabala. 
Les hommes de Frédéric Antonetti ont été transparents offensivement et calamiteux dans le secteur défensif, pourtant leur point fort. Ils pointent à la 15e place avec quatre unités au compteur, une de plus que Nancy, l'avant-dernier.
"On fait une entame de match catastrophique et on a volé en éclat. Je suis le premier responsable. Je pense que je me suis trompé dans mes choix", a estimé le technicien corse.
Lille-Monaco : les déclarations
Michel Seydoux (président de Lille) : "Il y a des scénarios comme ça...l'année dernière c'était dans l'autre sens. Il faudra tirer des enseignements de ce match. Ce n'est pas parce qu'un match ne se passe pas bien qu'il faut tout remettre en cause. Ce soir (samedi) on n'a pas su répondre, mais il faut dire que Monaco est l'équipe en forme de ce début de championnat, probablement la meilleure du moment. On a les armes mais on n'a pas su les utiliser donc il va falloir continuer à travailler."

Frédéric Antonetti (entraîneur de Lille) : "Il faut analyser sereinement et tranquillement ce qui s'est passé pour tirer tous les enseignements. On fait une entame de match catastrophique, on a volé en éclat. On s'est mis à l'envers et on n'a jamais réussi à se mettre à l'endroit. On a essayé de réagir, mais ça n'a jamais été très productif. Notre collectif n'est pas au point, c'est ce qui faisait notre force la saison dernière. Face à des équipes meilleures dans tous les domaines, si le collectif ne répond pas, vous passez à travers. Des principes de jeu ont été oubliés. Il faut les retrouver et y adhérer. Je suis le premier responsable. Je pense que je me suis trompé dans mes choix. J'avais mis un système ambitieux et on n'a pas les moyens d'être ambitieux. Et je n'ai pas fait les bons choix au niveau des hommes. Parfois, des belles gifles permettent de se réveiller, et j'espère qu'on va réagir."