Liège : ce que l'on sait sur l'attaque qui a fait 3 morts, dont deux policières

En médaillon, l'assaillant muni de deux armes à feu. / © AFP/RTL/MONTAGE FRANCE 3
En médaillon, l'assaillant muni de deux armes à feu. / © AFP/RTL/MONTAGE FRANCE 3

Que s'est-il passé ? Qui sont les victimes ? Qui est l'assaillant ? Est-ce une attaque terroriste ? Y-a-t-il un lien avec un meurtre qui a eu lieu la nuit dernière à Marche-en-Famenne ?

Par France 3 Nord Pas-de-Calais avec AFP

Que s'est-il passé ? 


La fusillade s'est produite vers 10h30 sur le boulevard d'Avroy, une grande artère de la ville de Liège. Un homme a d'abord agressé au couteau deux agents de police, avant de s'emparer de leurs armes de service pour les abattre.

Ces deux femmes, employées de la police locale, ont été "agressées par l'arrière", recevant "de multiples coups de couteaux", a dit lors d'une conférence de presse le procureur de Liège, Philippe Dulieu.

Attaque terroriste à Liège : regardez la conférence de presse des autorités belges


Après avoir subtilisé les armes des policières, l'assaillant a aussi tué une troisième fois en faisant feu contre un homme de 22 ans passager d'une voiture en stationnement.

Dans un second temps, après une courte prise d'otage qui a suivi le triple meurtre, un nouvel échange de tirs a eu lieu, et "plusieurs" autres policiers ont été "blessés aux jambes", a ajouté M. Dulieu. L'assaillant a finalement été abattu par les forces de l'ordre, comme le montre cette vidéo filmée par un habitant.


Qui sont les victimes ?

Selon Het Laaste Nieuws, l'une des policières était Lucile Garcia, un femme âgée d'une cinquantaine d'années, originaire de la région de Verviers (sud de la Belgique, près de Liège). Elle venait de se marier avec un de ses collègues. 

L'autre policière s'appelle Soraya Belkacemi. Elle avait 45 ans et était maman de deux jumelles de 13 ans. 

Le civil tué dans sa voiture en stationnemment s’appelait Cyril Vangriecken et était âgé de 22 ans. Selon les médias belges, il était étudiant.


Qui est l'assaillant ?


L'assaillant, Benjamin Hermant, est un homme de 36 ans condamné pour des délits qui bénéficiait d'une permission de sortie de prison pour préparer sa réinsertion. Détenu depuis 2003, il devait purger sa peine jusqu'en 2020. Délinquant jugé violent, il avait été condamné non pas pour des faits de terrorisme mais pour des faits de délinquance, et notamment trafic de drogue. Considéré comme "instable", il n'avait plus de contact avec sa famille.


Selon RTL.be, il aurait fréquenté des détenus radicalisés au cours de son séjour. "J'avais vu qu'il s'était radicalisé, d'ailleurs il me disait qu'il était vraiment musulman, se souvient sur la RTBF un codétenu qui a connu Benjamin Herman à la prison de Marche-en-Famenne. Il pratiquait le jeûne le lundi et le jeudi. Il ne mangeait pas, je le voyais".

Une source proche de l'enquête a confirmé à l'AFP que le suspect était fiché par la police car il "est soupçonné d'avoir été radicalisé par une personne (...) enfumé par la pensée islamiste".

Une image de l'assaillant captée par une vidéo amateur
Une image de l'assaillant captée par une vidéo amateur


Est-ce une attaque terroriste ?


Les motivations du tireur restaient floues en début d'après-midi. Une porte-parole du parquet de Liège n'a pas pu confirmer les informations de presse selon lesquelles il aurait crié "Allah Akbar" en s'en prenant aux policiers. Mais sur franceinfo, un femme témoin de l'attaque affirme : "On a aperçu un homme tout vêtu de noir, une casquette et deux revolvers à la main. Il a tiré dans une voiture qui était à l'arrêt au feu rouge. Il a tiré une fois à bout portant. Et puis il a tiré dans un café qui était juste derrière lui. Ensuite, il s'est éloigné, il a crié Allah akbar et il a parlé de la Syrie. J'ai parfaitement compris Allah akbar et le mot Syrie."

L'assaillant "a crié Allah akbar et a parlé de la Syrie", selon une femme témoin de l'attaque


Le dossier a été confiée à un juge d'instruction antiterroriste car "des éléments vont dans la direction d'un acte terroriste", a justifié Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral.

"Il est clair que l'objectif de l'assassin était de s'en prendre à la police", a déclaré Christian Beaupere, chef de corps de la police de Liège.


Y-a-t-il un lien avec un meurtre qui a eu lieu la nuit dernière à Marche-en-Famenne ? 


Selon RTL.be, un homme a été tué la nuit dernière dans une commune proche de Liège. Cet homme, toxicomane, sorti de la même prison en 2017, pourrait être le complice de Benjamin H. dans le braquage d'une bijouterie à Rochefort cette même nuit. Les deux hommes sreaint des connaissances de milieu de la drogue, dans le secteur.

"L'enquête est menée par la police judiciaire fédérale. Il ne faut pas faire de raccourci trop rapide et ne pas tout mélanger", tempère toutefois le commisaire de police de Rochefort.


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