Liège : un hommage national aux funérailles des deux policières assassinées

© YORICK JANSENS / BELGA / AFP
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La troisième victime de l'attaque terroriste de Liège, un jeune homme de 22 ans, a été enterrée hier.

Par Quentin Vasseur

La Belgique a rendu ce mardi matin son dernier hommage national aux deux policières assassinées il y a une semaine dans l'attaque jihadiste de Liège, revendiquée par la suite par l'organisation Etat islamique. Cette attaque a fait resurgir le spectre des attentats, plus de deux ans après ceux de Bruxelles.

Plusieurs centaines de policiers sont venus de tout le pays pour participer à cet hommage, sur le parcours des corbillards et dans ou devant le centre funéraire où étaient organisées les obsèques de Lucile Garcia, 54 ans, et Soraya Belkacemi, 44 ans, en présence du Premier ministre Charles Michel.


Au passage des corbillards recouverts de fleurs, les policiers se sont mis au garde à vous en formant une haie d'honneur. Certains avaient recouvert leur brassard orange d'un bandeau noir en signe de deuil.

"Nous sommes un corps de police, chaque fois qu'on en perd un c'est comme si on perdait un petit peu un membre de la famille", confie Jean-Claude Bertrand, policier à la retraite. "La seule chose qu'on puisse faire c'est d'être là pour se soutenir", a-t-il ajouté.

Aux côtés de Charles Michel, de nombreuses personnalités dont le ministre de l'Intérieur Jan Jambon et le ministre de la Justice Koens Geens aiinsi qu'un représentant du roi Philippe, ont assisté à la cérémonie religieuse célébrée par Mgr Jean-Pierre Delville. Celle-ci était aussi suivie dans un silence lourd sur un écran géant dressé à l'extérieur.


Le 29 mai, vers 10h30, sur une grande artère du centre de Liège, Benjamin Herman, délinquant radicalisé de 31 ans qui bénéficiait d'un congé pénitentiaire, a tué par balles deux policières et un étudiant en criant plusieurs fois "Allah Akbar" ("Dieu est grand"). Il a ensuite été abattu par les forces de l'ordre.


Les faits ont été qualifiés d'"assassinats terroristes" par la justice belge, et revendiqués le 30 mai par l'EI.

Selon les premiers éléments, l'assaillant voulait "clairement" s'en prendre à la police. Et son modus operandi - agresser d'abord au couteau les fonctionnaires pour dérober leurs armes - rappelle celui que vante régulièrement l'EI dans sa propagande sur internet, a souligné le parquet fédéral.


En Belgique, le souvenir de l'attaque survenue le 6 août 2016 à Charleroi (sud) a immédiatement resurgi. Ce jour-là un Algérien s'en était pris avec une machette à deux policières devant le commissariat aux cris de "Allah Akbar". Elles avaient été blessées au visage et au cou, et l'assaillant abattu. L'EI avait revendiqué l'acte.


"Femmes, mères et policières merveilleuses"


"Horreur", "barbarie", "tragédie": les mêmes mots qu'il y a deux ans sont revenus la semaine dernière dans tous les commentaires, le profil de Lucile Garcia et Soraya Belkacemi, décrites comme "femmes, mères et policières merveilleuses", venant accentuer les sentiments de peine et d'injustice.

La première était mère d'un fils de 25 ans, et la seconde de deux jumelles adolescentes qui avaient déjà perdu leur père en 2005, selon les médias.

"En Belgique comme partout en Europe les représentants de l'Etat sont des cibles potentielles", contraints d'être "particulièrement vigilants", selon Vincent Gilles, président du syndicat SLFP-Police. Depuis 2015, tous les policiers belges portent en permanence un gilet pare-balles.

Cyril Vangriecken, un jeune homme de 22 ans, avait également été tué après les deux policières. Il a été enterré près de Liège, là aussi en présence du Premier ministre Charles Michel.


Par ailleurs, selon l'agence de presse Belga, Benjamin Herman, qui s'était converti à l'islam en prison, devait être enterré mardi à Marche-en-Famenne, après une cérémonie dans une paroisse catholique de la commune, conformément au souhait exprimé par sa famille.

"La famille n'a pas décelé de signe de radicalisation dans les contacts réguliers qu'elle entretenait avec Benjamin", a précisé l'abbé François Barbieux, qui devait célébrer la cérémonie, placée sous surveillance policière.

"Ils sont dans l'incompréhension la plus totale. C'est une famille éprouvée, qui souhaite vivre son deuil dans l'intimité", a-t-il ajouté.

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