Lille : le Palais des Beaux-Arts va restaurer quatre statues exceptionnelles découvertes à Orchies

Le Palais de Beaux-Arts de Lille lance un appel au mécénat "collaboratif" pour restaurer quatre statues exceptionnelles des XVIe et XVIIe siècles découvertes en 2013 lors de fouilles préventives à Orchies. 

On ignore leur origine exacte mais elles ont un surnom : "les Belles du Nord". Le Palais de Beaux-Arts de Lille conservait discrètement ces quatre statues dans ses dépôts depuis l'été dernier mais ne les révèle qu'aujourd'hui à l'occasion du lancement du projet de mécénat "collaboratif" qui doit permettre leur restauration. "Dans ma - déjà longue - carrière de conservateur et directeur de musée, je n’avais encore jamais connu l’émotion d’accueillir une découverte archéologique majeure au sein des collections dont j’avais la charge", s'enthousiasme Bruno Girveau, le directeur du musée. "Ces oeuvres soulèvent de nombreuses interrogations, tant du point de vue de la datation et de l’origine qu’en matière de restauration. Mystères et questions que les conservateurs du musée et les restaurateurs vont tenter de résoudre."


Découvertes à Orchies en 2013

Ces quatre statues ont été découvertes par les équipes de l'Inrap en mars 2013, lors d'un diagnostic archéologique effectué sur un terrain en plein centre-ville d'Orchies (Nord), avant la construction d'une supérette. Lors de cette opération, un élément en pierre a d'abord été sorti de terre. En le nettoyant, les archéologues ont découvert qu'il s'agissait d'une statue, fortement endommagée. Trois autres, nettement mieux conservées, ont été ensuite mises au jour à proximité. Une expertise a déterminé qu'il s'agissait d'oeuvres des XVIe et XVIIe siècles. Le mystère reste entier quant à leur provenance exacte. Il est possible qu’elles aient été enfouies pendant la Révolution, probablement pour les sauver du vandalisme. Les statues auraient ainsi passé plus de deux siècles enfouies sous une couche de terre.

Deux saintes et deux moines

Réalisés en calcaire de l'Avesnois, ces statues représentent deux moines et deux saintes : Sainte-Agnès (identifiée grâce la présence de fragments
des pattes d’un agneau sur la robe) et Sainte Marie-Madeleine (reconnaissable au pot à onguent qu’elle porte). Ces dernières sont les oeuvres les plus grandes (respectivement 1,45m et 1.23m) et les mieux conservées bien que plus anciennes. Elles remonteraient aux années 1520-1530. "Au terme de la restauration, les oeuvres, libérées de leur gangue de terre, seront présentées aux côtés des peintures et sculptures flamandes du musée, et permettront d’évoquer la transition entre l’art du Moyen Âge et de la Renaissance", explique-t-on au Palais des Beaux-Arts.

Exposées au public pour les Journées du Patrimoine

L'appel au mécenat pour leur restauration est adressée aux entreprises de la région (PME-PMI, TPE-TPI), aux professions libérales ainsi qu'aux mécènes engagés. 50 000 euros sont nécessaires. L'objectif est de permettre au public de les admirer lors des prochaines Journées européennes du Patrimoine, le week-end des 17 et 18 septembre 2016.