LOSC - RC Lens - VAFC : des associations de supporters se prononcent contre une reprise précipitée des championnats

Alors que la Ligue de football professionnel envisagerait de reprendre le 3 ou le 17 juin, des fans de football se sont manifestés face à un possible retour des compétitions. 45 groupes de supporters ont signé cette tribune appelant à ne pas reprendre les matches à huis clos.

Un tifo au stade Bollaert-Delelis
Un tifo au stade Bollaert-Delelis © JEAN-MARC DEVRED
Parmi les groupes signataires figurent les Dogues Virage Est (DVE) du LOSC, les Red Tigers du RC Lens ainsi que les Ultras Roisters et Génération Rouge et Blanc du VAFC. Et c’est d’ailleurs un Lensois, Pierre Revillon, qui est le président de l’Association nationale des supporters, à l’origine de cette tribune. Créée en octobre 2014, l’ANS rassemble une trentaine de groupes ultras dans toute la France.
 

Le dirigeant des Red Tigers décrypte le communiqué de la veille, paru avant l’allocution présidentielle. "Depuis plusieurs semaines, les dirigeants des clubs pros se chamaillent sur la reprise des championnats, et cela nous a choqué . Les seuls qui n’ont pas été consultés dans ces discussions, ce sont les supporters. On ne nous a jamais demandé notre avis. On le donne via ce communiqué. Nous, on défend le football populaire, le football avec des supporters, avec de l’ambiance, l'inverse des matches à huis clos. On veut juste que les instances et les clubs fassent preuve de décence et d’humanité. Malgré nos rivalités, les supporters de tous les clubs sont d’accord aujourd’hui."
 

Non au huis-clos                                                    


L’annonce hier soir par le Président de la République Emmanuel Macron de la prolongation du confinement jusqu’au lundi 11 mai n’a pas changé grand-chose aux calendriers possibles des Championnats de L1 et de L2. Depuis le vote du bureau de la Ligue de football professionnel (LFP) de vendredi , on sait que le début de la prochaine saison de Ligue 1 a été fixé au 23 août, et la veille pour la ligue 2.

Deux scénarii ont donc été évoqués : une reprise le 3 juin, peu probable, ou le 17 juin, plus réaliste. Dans ce cas, les journées s'enchaîneraient tous les trois jours, à un rythme accéléré, pour une fin de saison fixée au samedi 25 juillet. Il resterait alors une semaine pour les barrages avec la L 2 qui doivent offrir la dernière place en L 1.

Mais comme l’a affirmé Emmanuel Macron, les événements rassembleurs de public ne pourront pas se tenir, au mieux, avant la mi-juillet. Cela concerne forcément les matches de football en public. Dans les deux cas, les rencontres se joueraient donc à huis clos, ceux que refuse l’Association nationale des supporters.
« Pour nous, le football se joue avec des supporters dans le stade, on fait partie des acteurs au même titre que les joueurs, les dirigeants ou les télévisions,  explique Pierre Révillon. Et tant qu’on ne sera pas de retour dans les stades, on demandera que les matches ne se jouent pas. Le football se vit au stade. Un match sans supporters, ce n’est pas un match de football, c’est triste, c’est chiant pour tout le monde ».

Quant aux conséquences économiques, Pierre Révillon conclut : "Avant de penser économie, il faut penser crise sanitaire. Aujourd’hui, les clubs dépendent trop des droits TV. Cette crise est l’occasion d’une réflexion pour une nouvelle économie du football".
                                              


Priorité à la santé


Ce que regrettent aussi les supporters, c’est de ne pas être consultés ni par les clubs, ni par les instances dirigeantes. "Nous en avons malheusement l’habitude », affirme Stéphane Beaumont, des Ultras Roisters de Valenciennes, également secrétaire de l’ANS. « Qu’est ce qui se passera si des joueurs sont contaminés lors des entraînements ou des matches ? D’ailleurs, 50% des joueurs s’inquiètent d’une reprise prématurée et craignent pour leur santé. Dans quelle conditions vont d’ailleurs pouvoir reprendre les entraînements ? »
 
En Allemagne, les entraînements collectifs sont de nouveau autorisés, en petits groupes et en  respectant les distances. Mais outre-Rhin, l’épidémie est bien mieux maîtrisée qu’en France.

Stéphane Beaumont est conscient des difficultés économiques des clubs, et de la volonté de terminer le championnat, même à huis-clos. » Les clubs ont besoin des droits télévisés. Mais encore une fois, la priorité pour nous supporters, c’est la santé de tous. L’argent ne doit pas passer avant ».
C’est aussi la position des DVE, principaux supporters du LOSC. Les Dogues Virages Est ne font pas partie de l’ANS. Mais ils ont spontanément accepté de signer le communiqué, comme l’explique Donatien Drouin. "Nous ne voulons pas d’une reprise précipitée. On parle déjà du 3 ou du 17 juin, alors que l’épidémie n’est toujours pas maîtrisée ». Le dirigeant des DVE regrette aussi que « les supporters ne soient pas consultés, alors que le football est de loin le sport le plus populaire ».

La levée progressive du confinement dès le 11 mai permettrait aux clubs de terminer le championnat 2019-2020 avant d’attaquer le suivant. Sur le huis clos, Donatien Drouin est plus pragmatique que l’ANS. "Nous sommes conscients de la situation économique des clubs, et de la nécessité d’une reprise rapide. Nous admettons donc que les matches puissent se faire à huis clos. Mais encore une fois, la situation sanitaire doit prévaloir sur le foot business », conclut Donatien Drouin.

Maintenant, la Ligue nationale de football devra se prononcer rapidement, avec ou sans l’avis des supporters.
.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
losc football sport rc lens vafc
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter