Malgré la crise sanitaire, le nombre de faillites d'entreprises dans les Hauts-de-France a baissé en 2020

Malgré la crise sanitaire et le premier confinement, le nombre de faillites d'entreprises a fortement baissé dans les Hauts-de-France en 2020. Une baisse qui concerne tous les secteurs d'activités.

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En 18 mois, de mars 2019 à décembre 2020, le nombre de faillites d'entreprises a baissé de 339 à 300. Sur un an, de décembre 2019 à décembre 2020, la baisse est de 39%. Au total, en 2020, 2164 entreprises ont mis la clé sous la porte contre 3007 en 2019 :

Une situation paradoxale quand on sait que l'activité économique a été quasiment à l'arrêt pendant le premier confinement et ralentie dès la rentrée. Pour Philippe Hourdain, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) des Hauts-de-France, l'explication est simple : "L'économie est sous perfusion. Avec les prêts garantis par l'État et les fonds de solidarité, l'État est énormément intervenu dans les entreprises et cet argent est allé directement dans les trésoreries. Les dépôts de bilan interviennent généralement quand une entreprise ne peut pas payer ses fournisseurs. Or là, beaucoup d'entreprises ne tournent pas. Il n'y a donc pas de fournisseurs ou de salaires à payer. Ce qu'il y a à payer comme le loyer ou l'électricité est payé par l'argent que l'État a injecté".

L'industrie, le secteur le plus touché en 2020

Le secteur d'activité le moins touché par les fermetures en 2020 est celui des débits de boissons avec une baisse de 61% par rapport à 2019 du nombre de faillites. Viennent ensuite les commerces interentreprises (-52%) et les services aux particuliers (-45%). Le secteur qui concentre le plus de faillites est le BTP, avec 438 entreprises qui ont cessé leur activité. Si le chiffre paraît élevé, il l'est de -38% par rapport à 2019 :

"C'est inquiétant. Il y a des secteurs qui continuent à tourner avec un chiffre d'affaires moindre mais qui continuent à tourner quand même, constate Philippe Hourdain. Mais d'autres secteurs ne tournent plus du tout. Et ça c'est inquiétant. Sans compter que la perfusion, c'est bien, ça permet de tenir sur le moment mais il va falloir rembourser un jour. Donc la perfusion c'est de la dette. Et quand on a de la dette, on n'investit plus".

Les PME en première ligne

Les défaillances en 2020 concernent surtout les petites entreprises, notamment celles qui n'ont pas de salariés. Si 1043 d'entre elles ont fait faillite en 2020, c'est néanmoins 37% de moins que l'année précédente. Les sociétés qui ont le mieux résisté en 2020 sont celles qui emploient plus de 50 salariés et celles qui ont entre 5 et 9 salariés :

"Une entreprise, c'est fait pour tourner, conclut Philippe Hourdain. Là, elles ne tournent plus mais elles continuent à vivre grâce à des subventions. Moi j'appelle ça des entreprises fantômes."

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