Deux détenus ont été interpellés et sont interrogés depuis lundi minuit après le meurtre d'un autre prisonnier dans sa cellule du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, près de Lens, a-t-on appris mardi de source judiciaire.
Les interrogatoires se poursuivront jusqu'à mercredi pour déterminer le rôle de chacun des deux suspects et le motif, l'enquête de la police judiciaire de Lille devant également "préciser si les coups mortels ont été le fait d'un seul ou des deux suspects", a déclaré le procureur de Béthune Philippe Peyroux.
Celui-ci tiendra un point-presse mardi à 11H30, au parquet.
Des traces de strangulation ont été retrouvées sur le corps de la victime, née en 1989. Il s'agit de Geoffrey Debouver, 27 ans, qui purgeait une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre fin décembre 2011 à Lille-Fives de l'étudiant Simon Cordier. L'autopsie sera pratiquée mercredi.
"Une certaine liberté de circulation"
Les deux suspects, l'un âgé de 28 ans, et l'autre quinquagénaire, ont pu entrer tous les deux dans la cellule. Le premier avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle, le second à la réclusion à perpétuité pour crime avec récidive.L'un des deux suspects bénéficiait d'une certaine liberté de circulation, au titre de son travail au service nettoyage. Le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, conçu pour accueillir environ 230 prisonniers, a été inauguré en mars 2015. Il est "l'un des derniers établissements issus de la loi d'orientation et de programmation pour la justice de 2002", indique l'Agence publique pour l'immobilier de la Justice (Apij) sur son site internet. "En prévision de l'arrivée des personnes détenues condamnées à de longues peines, des dispositifs de sûreté très perfectionnés ont été installés à Vendin-le-Vieil", précise l'Apij.
Mi-novembre, un détenu brésilien d'une quarantaine d'années avait été retrouvé pendu dans sa cellule de cet établissement sous haute sécurité. En juillet, un surveillant y avait été victime d'une prise d'otage par deux détenus, trois heures durant.
En septembre 2015, un détenu était également parvenu à retenir le numéro 2 de l'établissement sous la menace d'un couteau pendant trois heures. En février 2016, il a été condamné en appel à six ans de prison supplémentaires par la cour d'appel de Douai.