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Migrants de Calais et Grande-Synthe : les demandes d'asile augmentent, mais moins qu'avant

Pascal Brice (le blond au centre) discute avec un migrant afghan, près de la "Jungle" de Calais. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Pascal Brice (le blond au centre) discute avec un migrant afghan, près de la "Jungle" de Calais. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rendu son rapport d'activité et son président explique que, début 2016, les demandes d'asiles arrivent plus massivement qu'il y a un an, mais moins que fin 2015. Il se félicite du travail de terrain à Calais et Grande-Synthe.

Par MG avec AFP

La France a comptabilisé 33.000 demandes d'asile depuis janvier, une hausse de 18% sur un an (28.000 demandes sur la même période en 2015), selon le rapport d'activité officiel de l'Ofpra pour 2015. Ce chiffre traduit toutefois un ralentissement par rapport à la fin 2015, en pleine crise migratoire.

"Hausse maîtrisée" malgré Calais et Grande-Synthe


Il s'agit là d'une "hausse maîtrisée", selon Pascal Brice, directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. En effet, les demandes avaient augmenté de 23,6% en 2015, avec une accélération en fin d'année, a ajouté M. Brice, à l'occasion de la publication du rapport d'activité officiel de l'Ofpra pour 2015.

L'Ofpra considère qu'il "n'y a pas de crise de l'asile en France" mais que le système reste "sous forte tension", avec les "situations particulières" notamment à Calais, Grande-Synthe et en région parisienne, qui "méritent de continuer à être très réactifs et à adapter le dispositif".

Un effet de l'accord UE-Turquie ?


Avec 80.075 demandes au total dont 41% en Île-de-France, l'Hexagone reste par ailleurs "à des niveaux qui ne sont pas comparables à ceux de l'Allemagne", a précisé Pascal Brice. En fait, la tendance est la même chez nos voisins allemands mais à une autre échelle : 16.000 demandeurs seulement sont arrivés en mai outre-Rhin, alors qu'ils étaient encore 90.000 en janvier et plus d'un million l'an dernier.

Fin mars, sous l'impulsion de la chancelière allemande Angela Merkel, l'Union européenne a signé un accord avec la Turquie visant à tarir les flux migratoires. La route des Balkans a été fermée. L'Allemagne considère que c'est cela qui a réduit le nombre de demandeurs d'asile. Mais l'Ofpra, elle, ne "peut pas donner d'indication" sur les répercussions de cet accord sur les demandes d'asile en France.

Orienter intelligemment les migrants


L'organisme public met en avant "le travail de conviction de l'Ofpra" à Calais et Grande-Synthe (Nord), en rappelant que, depuis ces sites, "4.238 personnes sont parties en Centres d'accueil et d'orientation". Par ailleurs "le taux d'accord continue à augmenter", et 36,2% des demandes ont obtenu une réponse positive au cours des cinq premiers mois de l'année. L'an dernier, ce taux s'élevait à 31,5%, contre 28% en 2014 (Ofpra + cour d'appel). "Près de 75% des statuts de protection sont désormais reconnus dès l'Ofpra", alors qu'on était à moins de 50% il y a trois ans, souligne Pascal Brice.

Alors que l'Europe connaît une situation migratoire inédite, "il est souhaitable que se développe la réinstallation", souligne par ailleurs Pascal Brice, en allusion aux missions dans les pays tiers tels que la Turquie, le Liban ou la Jordanie. Le président de l'Ofpra juge toutefois "nécessaire que les demandeurs d'asile soient accueillis dans les meilleures conditions dans les pays tiers, pour leur éviter des traversées périlleuses". "Il y a un principe fondamental : lorsque quelqu'un arrive sur le sol européen, sa demande est examinée sur le sol européen et s'il relève du droit d'asile il est protégé en Europe", martèle-t-il.

D'où viennent les demandeurs d'asile ?


En 2015, le tableau de la demande d'asile en France a été bouleversé par les conflits, et les principales nationalités ont été le Soudan et la Syrie (et non plus la République démocratique du Congo et la Chine). L'Afghanistan, qui n'était que 31e, est grimpé à la 10e place l'an dernier.

Cette tendance s'est poursuivie en 2016, avec dans le trio de tête des pays d'origine la Syrie (près de 3.000 demandes), le Soudan (2.600) et l'Afghanistan (2.500). Une évolution qui traduit "la montée en puissance d'une demande relevant d'un besoin de protection très important", souligne Pascal Brice.

Les demandes ne sont pas toujours acceptées. Parmi les nationalités les plus à même d'obtenir l'asile, on trouvait l'an dernier l'Irak (97,9%), la Syrie (96,9%) et la Centrafrique (88,7%).

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